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Sonates pour alto de Weinberg, matière à réflexion

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Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : Intégrale des sonates pour alto ; Sonate pour clarinette et piano op. 28 (transcription pour piano et alto). Fiodor Droujinine (1932-2007) : Sonate pour alto. Julia Rebekka Adler, violon ; Jascha Nemtsov, piano. 2 CDs NEOS 11008/09. Code barre : 4260063110085. Enregistré en 2008 et 2009 à la Radio Bavaroise, Munich. DDD. Notice quadrilingue (français, anglais, allemand, espagnol). Durée : 131’05

 

La parution d’un double CD consacré à l’alto est suffisamment rare pour être remarqué, d’autant plus quand il contient près de 70 minutes de musique inédite – ici les Sonates 2 à 4 de Weinberg. L’altiste français Pierre Lénert évoquait que l’alto semblait être un instrument de la maturité pour les compositeurs, et cette intégrale des sonates de Weinberg ajoute un élément de preuve supplémentaire, les sonates ayant été composées entre 1971 et 1983 quand le musicien avait déjà dépassé la cinquantaine.

Cette intégrale est le morceau de résistance du programme, à tout point de vue. Marqué par une vie sous le signe de l’exil de sa Pologne natale, pourchassé par les persécutions nazies puis par la police politique soviétique (il ne dut sa survie qu’à la mort de Staline), Weinberg vivait en marge de la vie musicale soviétique, et il consacrait son énergie à l’écriture de son vaste œuvre (notamment 7 opéras, 20 symphonies, 17 quatuors à cordes !). Les Sonates sont les œuvres denses d’un homme qui ne compose pas pour se révéler, mais pour exprimer une exigence intérieure. Il est difficile de trouver un cheminement d’une sonate à l’autre, toutefois la dernière (1983) paraît-elle évoquer d’une manière pudique et introvertie la souffrance des événements de la guerre.

La transcription pour alto de la Sonate pour clarinette et piano (1945) qui ouvre le disque en constitue la pièce la plus accessible, par son intégration d’éléments de folklore juif. Elle est représentative des œuvres du compositeur de cette période, où Chostakovitch n’est pas loin, et où la proximité de la tragédie de la guerre s’exprime par un surcroît de lyrisme.

La Sonate (1959) de Fiodor Droujinine, grand altiste du Quatuor Borodine, est une bonne idée, tant l’œuvre comme le musicien est proche de l’univers musical et amical de Weinberg.

L’interprétation de est remarquable de densité tout au long de ces deux heures exigeantes, et la participation de dans la Sonate de 1945 est un gage de qualité musicale, particulièrement dans ce répertoire.

Pour ceux qui souhaitent découvrir la musique de chambre Weinberg, on recommandera en priorité le 3ème volet de l’intégrale en cours des quatuors à cordes par les Danel chez CPO (Clef ResMusica).

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Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : Intégrale des sonates pour alto ; Sonate pour clarinette et piano op. 28 (transcription pour piano et alto). Fiodor Droujinine (1932-2007) : Sonate pour alto. Julia Rebekka Adler, violon ; Jascha Nemtsov, piano. 2 CDs NEOS 11008/09. Code barre : 4260063110085. Enregistré en 2008 et 2009 à la Radio Bavaroise, Munich. DDD. Notice quadrilingue (français, anglais, allemand, espagnol). Durée : 131’05

 
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