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Décembre rouge ?

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 10-XII-2010. Nikolaï Miaskovski (1881-1950) : Ouverture de bienvenue, Op. 48 ; Alfred Schnittke (134-1988) : Concerto pour piano et orchestre à cordes ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur, Op. 47. Alexander Ghindin, piano ; Orchestre National de Belgique, direction : Stefan Blunier

L’Orchestre National se présentait devant son fidèle public du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles dans un programme intégralement soviétique, sous la baguette de son nouveau premier chef invité, le Suisse . Peu connu dans les pays francophones, ce musicien, qui fait une carrière à la tête de maison lyriques et symphoniques allemandes, a été nommé, pour assister, au cours des saisons 2010-2013, le vénérable Walter Weller dans la direction musicale du l’orchestre fédéral belge. Si le chef autrichien se concentre sur le répertoire germanique, le chef helvète devra mettre l’accent sur les pièces russes et françaises, terres de prédilection de la phalange.

Ce second concert de la saison sous sa direction permet de mettre en avant ses forces et ses faiblesses. De côté des points positifs, il faut pointer une capacité à galvaniser l’orchestre, une direction précise et une maîtrise des styles. Mais, il faut aussi regretter un manque de relief dans ses lectures et surtout une fâcheuse tendance faire jouer fort et à décupler les dynamiques. C’est certes spectaculaire, le public aime, mais cela fait aussi pompier comme dans l’ouverte de Myaskovsky ou le final de la symphonie de Chostakovitch. Sous sa battue, l’orchestre sonne bien, avec rigueur et discipline. Les cordes, très homogènes, présentent de belles couleurs et les bois sont précis, seuls les cors sont encore friables et manquent d’affirmation.

Le programme de ce concert d’abonnement était conçu avec intelligence et mettait en perspective des partitions de l’époque soviétique. Symphoniste brillant, Myaskovsky, était représenté par son ouverture de bienvenue (1939). On est ici en droite ligne de la musique de commande du régime rouge : effets pompiers et grandiloquents, même si la pièce est troussée avec compétence. Le chef fait sonner une musique qui ne demande pas tant d’effets ! Changement de style avec le concerto pour piano n°1 de Schnittke. Composée en 1979, cette partition est un magna porté à l’incandescence par un soliste qui a choisi la puissance tellurique de son toucher et de sa technique pour explorer les contrastes de la partition. adhère à cette approche et fait sonner les cordes de l’ONB avec puissance.

La symphonie n°5 de Chostakovitch souffrit de la battue unilatérale du chef qui, à force d’appuyer, sur les contrastes en oublie l’ironie ou le triomphalisme de façade. La pièce est prise au pied de la lettre dans une optique très réaliste socialiste. Même si l’orchestre défend au panache, cette lecture, il lui manque tout de même la profondeur.

Crédit photographique : Stefan Blunier © Barbara Aumüller

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