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Les Paladins version Konrad Junghänel, un coup d’épée dans l’eau

À emporter, CD, Opéra

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Les Paladins. Avec : Anna Virovlansky, Argie ; Iulia Elena Surdu, Nérine  ; Laimonas Pautienius, Orcan ; Anders J. Dahlin, Atis/Démon ; Adrian Sâmpetrean, Anselme ; Thomas Michael Allen, Manto, Fée/Paladin  ; Neue Düsseldorfer Hofmusik, direction : Konrad Junghänel. 2 CDs Coviello Classics COV 21013. Code barre : 4039956210139. Enregistré en live à l’Opéra de Duisbourg entre le 30 mars et le 6 avril 2010. Livret trilingue (anglais, allemand, français). Durée : 45’32 et 75’34

 

Comédie lyrique créée à l’Académie royale de musique le 12 février 1760, Les Paladins fait partie des dernières œuvres écrites par Rameau, et ne connut guère de succès, sans doute du fait du mélange des genres qui traversent l’opéra, mais aussi de la médiocrité du livret de Duplat de Monticourt. Il faut attendre 1967 pour que l’ouvrage renaisse en France (à Lyon), Jean-Claude Malgoire en a enregistré des extraits en 1972 (CBS) puis une intégrale (1990, Pierre Verany) mais c’est la production de José Montalvo et Dominique Hervieu (2004), dirigée par William Christie qui fit beaucoup pour sa connaissance (un DVD existe).

À revient l’honneur d’avoir monté l’œuvre en pays germanique, Bâle en 2004, puis cette production du Deutsche Oper am Rhein à Düsseldorf en 2010, reprise à Duisbourg la même année. C’est un témoignage de ces représentations qui paraît à présent en disque. Une distribution très internationale (Russie, Roumanie, Lituanie, Suède, Etats-Unis), notamment des chanteurs appartenant à la troupe du Deutsche Oper am Rhein, mais malheureusement, pas grand monde ne prononce correctement la langue française. Et comme les prestations vocales laissent à désirer (intonation, style…), la déception est assez grande. Sans surprise, sort néanmoins du lot le ténor , qui campe un Atis convaincant. Outre la diction, le timbre, l’expression est en parfaite adéquation avec ce répertoire. L’enregistrement est également sauvé par les musiciens de la et la direction animée, nerveuse de .

L’œuvre, à la fois sur le registre de l’humour, de la farce et du second degré n’exclut pas les passages sérieux ou pastoraux. Elle recèle des moments fameux, airs, ariettes (par exemple celle d’Argie au deuxième acte «Je vole, amour»), ensembles (le trio «Vengeons, vengeons», au troisième acte) et bien entendu des danses qui mériteraient une grande version au disque… que l’on attend toujours.

 

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