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Sérénade à trois avec Schubert

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Franz Schubert (1797-1828) : Trio avec piano n°1 en si bémol majeur op. 99 D 898, Trio avec piano n°2 en mi bémol majeur op. 100 D 929. Beaux Arts Trio : Menahem Pressler, piano ; Isidore Cohen, violon ; Bernard Greenhouse, violoncelle. 1 DVD ICA Classics. Référence : 5010. Code barre : 5 060244 550100. Enregistré en 1978 et 1987. Notice de présentation en : Anglais, Français et Allemand. Format image : 4 : 3. Format son : LPCM Mono. Durée : 80’46mn.

 

Réalisés à neuf ans d’intervalle, les enregistrements filmés des deux Trios avec piano de Schubert par le forment un DVD émouvant, qui fleure bon ses années 1980.

Musicalement, on retient surtout au piano, qui guide avec art ses acolytes américains Isidore Cohen (violon) et Bernard Greenhouse (violoncelle). Plus que ces derniers, Pressler est pétri d’une sensibilité proprement schubertienne, mariant la joie de vivre à la peur de la mort, sans qu’aucune ne l’emporte jamais sur l’autre. Son piano est un atermoiement continu entre peine et enchantement. «Voulais-je chanter l’amour, cela m’entraînait à la douleur ; voulais-je chanter la douleur, cela me menait à l’amour» écrivait Schubert en 1822.

Le Trio op. 99 est le plus convaincant du point de vue de l’interprétation (1987) ; c’est alors en effet que la fusion entre les trois instruments est la plus aboutie. Les trois voix ne se superposent pas, mais dialoguent langoureusement. La partie cordes, brillamment tenue, ne se laisse pas surplomber par le piano et séduit par des couleurs chatoyantes. Un ressort secret anime le jeu des trois interprètes, qui ne fléchissent à aucun moment et conservent une alacrité merveilleuse. Ce Trio en si bémol ne manque pas de jarret !

Cette captation – la plus tardive des deux – témoigne de plus de maturité que celle du Trio op. 100 qui suit. Et pourtant ! rien ne saurait égaler cette dernière œuvre, ultime chef-d’œuvre d’une vie trop courte. Malheureusement, le Beaux Arts Trio ne lui rend qu’à moitié justice. Si les musiciens sont sensiblement rajeunis (1978), leur interprétation manque de fraîcheur. Ainsi Isidore Cohen, irréprochable dans le premier Trio, pose un vrai problème dans le second. Souvent approximatif dans les aigus, son violon rend un son trouble, particulièrement dérangeant dans le dernier mouvement. Malgré les mérites individuels de Greenhouse et de Pressler, le résultat d’ensemble accuse quelques lourdeurs. La formation ne s’est pas encore défaite d’une certaine rigidité et, même si cette version possède des qualités, on regrette de ne pas entendre le même Trio neuf ans plus tard.

Quant à la réalisation, rien que de très classique, mais d’une grande efficacité. Une caméra raisonnablement baladeuse ; une alternance de zooms et de vues d’ensemble ; quelques fondus bien sentis, en particulier lors de l’ouverture par le piano et le violoncelle du mouvement lent du second Trio. La fameuse marche de cet Andante con moto fait du reste l’objet de toutes les attentions du montage – il faut dire que la captation a lieu trois ans après la sortie du film Barry Lindon. Enfin, la belle Signet Library d’Edimbourg offre, en plus d’une acoustique très convenable, un cadre somptueux.

Ces enregistrements, quoique un peu datés, dégagent – et c’est là le principal – une foi attendrissante dans le compositeur de ces deux Trios. Aucun schubertien ne saurait y être insensible.

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