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Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise D. 911. Peter Harvey, baryton ; Gary Cooper, pianoforte. 1 SACD Linn CKD 371. Code barre : 691062037129. Enregistré du 16 au 18 février 2009 en l’Église Saint-Martin de East Woodhay. Notice en anglais, textes chantés traduits en anglais. Durée : 74’38’’

 

Inlassable compagnon du Bach Cantata Pilgrimage de Sir John Eliot Gardiner, aborde ici la région la plus désolée du lied. D’une allure franche et d’une voix claire, ce voyageur ne cesse pas d’avancer, sans que sa progression vers l’abîme soit vraiment sensible. Sur le chant lui-même, onctueux et bien timbré, il y a peu à redire, si l’on excepte quelques notes aiguës esquivées (malgré l’emploi modéré de transpositions, dont il s’explique dans l’intéressante notice). La prononciation, soigneuse, n’est cependant pas parfaite (cf. la phrase «Ja, neulich hatt’ich auch wohl drei» dans le n° 23), et les mots n’ont guère de poids. Le ton, surtout, n’est pas franchement affirmé, flottant quelque part entre le détachement et la consternation, avec des allègements qui sonnent moins désespérés qu’évanescents, et des éclats qui paraissent secs. Certes, les accents en demi-teintes atteignent parfois une élégance triste, comme dans La girouette (n° 2) ou La corneille (n° 15), mais dans les derniers lieder, cette retenue semble trop frêle et trop laconique pour émouvoir.

Si l’entente est manifeste entre les deux partenaires, l’attention se reporte fréquemment sur le jeu de , non seulement en raison du timbre bien charpenté de son pianoforte (copie d’un Broadwood de 1823), mais aussi pour son rôle moteur dans la conduite mélodique et rythmique. La délicatesse des accords arpégés, la variété des attaques et des couleurs (avivées par un tempérament inégal) sont dignes d’éloge. Les lieder contrastés, comme Regard en arrière (n° 8) sont finement détaillés, et certains effets sont superbes, comme la mystérieuse résonance des cordes dans Solitude (n° 12), les trilles blafards de Dans le village (n° 17) ou le glas du Joueur de vielle (n° 24).

Une version de qualité, qui intéressera particulièrement les amateurs de pianoforte, même si, parmi les quelques enregistrements avec instrument d’époque, celui de Christoph Prégardien et d’Andreas Staier (Teldec) demeure toujours le plus abouti.

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Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise D. 911. Peter Harvey, baryton ; Gary Cooper, pianoforte. 1 SACD Linn CKD 371. Code barre : 691062037129. Enregistré du 16 au 18 février 2009 en l’Église Saint-Martin de East Woodhay. Notice en anglais, textes chantés traduits en anglais. Durée : 74’38’’

 
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