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Franz Liszt réduit à ses principes élémentaires

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Franz Liszt. Isabelle Werck. Bleu Nuit Editeur. Paris. 2010. 176p. ISBN 1769-2571. 20€.

 

On doit à Isabelle Werck l’inestimable traduction en français des souvenirs de Natalie Bauer-Lechner, confidente de Gustav Mahler jusqu’à l’arrivée d’Alma dans la vie du musicien (L’Harmattan). Quelques mois après avoir publié une courte biographie de son compositeur fétiche (Bleu nuit), la musicologue consacre -anniversaire oblige- un petit ouvrage à .

En huit chapitres, tout est censé y passer et comme l’auteur l’admet elle-même : «ce n’est pas une mince affaire que de réduire à cent vingt mille caractères une vie aussi remplie». Et Werck de tomber dans la narration d’anecdotes en tous genres qui, mises bout à bout, sont censées constituer une biographie au cours de laquelle on regrette qu’elle n’ait pas réussi à trouver le juste équilibre entre grande et petite histoire. De la même manière, les commentaires musicaux sont tellement partiels qu’ils nous donnent parfois le sentiment de feuilleter une compilation de notices discographiques. Si le principal mérite de ce livre est d’aborder la musique vocale de Liszt (chapitre VIII), un seul paragraphe n’est pas suffisant pour «analyser» Orphée et l’œuvre pour piano ne peut être explorée en quelques pages, parfois un peu légères.

On soulignera également un ton qui, se voulant vulgarisateur, se fait parfois un peu familier et facile : entre «Une fois pour toutes : on prononce List, comme une liste. » ou «Rien de tel qu’une bonne révolution pour vous changer les idées», on nous parle de «tubes» et, une fois séparée de Liszt, Marie d’Agoult devient l’«ex». Très rudimentaire également, la réduction de la discographie (très) sélective à une poignée de références donne l’impression que Brendel, Argerich ou Horowitz n’ont jamais abordé la musique du maître mais il est vrai qu’en quelques lignes, n’importe quel choix aurait omis nombre de références incontournables.

On ne pourra donc conseiller ce livre qu’aux lecteurs qui voudraient prendre un premier contact avec le compositeur. Les autres se tourneront vers des biographies plus étoffées (mentionnées dans la bibliographie) en donnant la priorité à celle d’Alan Walker (Fayard, 2 volumes). Pour le reste, on n’accablera pas Isabelle Werck de ne pas avoir totalement rempli une mission de toute façon impossible, mais on regrettera que Bleu Nuit Editeur ne reste pas dans son créneau : les compositeurs méconnus pour lesquels de tels ouvrages constituent de meilleures (voire d’essentielles) introductions.

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Franz Liszt. Isabelle Werck. Bleu Nuit Editeur. Paris. 2010. 176p. ISBN 1769-2571. 20€.

 
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