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Orianne Moretti, la délicatesse intimiste d’une relecture shakespearienne

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Paris. Théâtre du Tambour Royal. 26-III-2011. Correspondances Compagnie : Les amants fous. Création. Mise en scène : Orianne Moretti, d’après Shakespeare. Chorégraphie : Bruno Bouché. Lumières : Michel Cabrera. Costumes : Arielle Brandely. Avec : Orianne Moretti, Ophélie ; Till Fechner, Hamlet. Musiciens : Anastasia Slojneva, piano ; Patrick Langot, violoncelle.

Les amants fous

a choisi de faire revivre l’histoire d’amour entre Ophélie et Hamlet dans une création qui érige la pluralité artistique en genre à part entière.

Théâtre, chant, musique et danse se mêlent et s’entremêlent pour proposer une nouvelle approche du mythe des amants maudits. Une pluralité expressive qui sied à la personnalité complexe des deux caractères shakespeariens.

Les amants fous, c’est avant tout une belle aventure humaine. Au cœur du projet, , qui fut élève du Ballet National de Marseille avant d’embrasser une carrière lyrique. En 2010, la jeune femme crée sa propre compagnie «Correspondances Compagnie / Les Arts en partage», laquelle entend promouvoir la pluridisciplinarité artistique.

Elle a créé le rôle de Hamlet pour , baryton qui passa lui aussi par la case «danse», puisqu’il suivit l’enseignement de l’Ecole de l’Opéra de Paris. Leur partenariat fonctionne harmonieusement. Elle est fragile, maternelle et incroyablement douce ; il est autoritaire et introverti, mais dissimule un tempérament volcanique qui semble prêt à s’embraser à tout instant. Ophélie a un torrent de mots d’amours à exprimer ; Hamlet porte en lui un repentir qui le hante : «J’étais Hamlet. Elle était Ophélie» : la clef du drame est posée. La lecture simultanée de leur correspondance constitue un moment fort du spectacle.

Ophélie est une héroïne soumise à l’autorité de tous : elle subit, accepte, ploie, tombe à genoux et ne se relève pas. Sa plus grande blessure sera infligée par l’homme qu’elle aime. Orianne Moretti possède une belle voix, nous le savions déjà. Mais elle est aussi une femme qui aime, une femme qui joue, une femme qui danse. Elle est plurielle. Le sujet semble tout particulièrement toucher l’interprète, puisqu’elle avait déjà, en 2009, mis en scène le même personnage dans une création intitulée Ophélie, héroïne mélodique.

est un merveilleux conteur à la diction puissante, qui campe un Hamlet partagé entre rancœur et repentir. Sa performance théâtrale, chantée et dansée, est impeccable.

La pianiste Anastasia Slojneva et le violoncelliste nous ont gratifiés d’une interprétation brillante et subtile des partitions de Mahler, Rachmaninov, Schumann, Strauss. Les musiciens, de par la place particulière qu’ils occupent dans l’espace scénique et qui les rend «acteurs», participent à l’exaltation affective qui enveloppe les amants dans un enivrant tourbillon : «Ophélie, céleste idole de mon âme, je rêvais que nous dansions. Oui, nous dansions notre dernière valse».

L’univers intimiste du Théâtre du Tambour Royal concourt à instaurer une plus grande proximité avec le public. La scénographie, épurée, se concentre sur l’essentiel.

Cette création raconte une histoire à laquelle on a envie de croire. On aime cette vision empathique de la Douce Ophélie qui fut l’instrument de sa propre tragédie.

Crédit photographique : Orianne Moretti et Till Fechner © Yves Breton

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Paris. Théâtre du Tambour Royal. 26-III-2011. Correspondances Compagnie : Les amants fous. Création. Mise en scène : Orianne Moretti, d’après Shakespeare. Chorégraphie : Bruno Bouché. Lumières : Michel Cabrera. Costumes : Arielle Brandely. Avec : Orianne Moretti, Ophélie ; Till Fechner, Hamlet. Musiciens : Anastasia Slojneva, piano ; Patrick Langot, violoncelle.

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