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Philippe Bianconi, respect et sincérité dans l’interprétation

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 29-IV-2011. Johannes Brahms (1833-1897) : Deux Rhapsodies op. 79, en si mineur ; en sol mineur ; Robert Schumann (1810-1856) : Davidsbündlertänze, op. 6 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Gaspard de la nuit ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Prélude en ut dièse mineur, op. 45 ; Scherzo n° 2, en si bémol mineur, op. 31. Philippe Bianconi, piano.


Tout au long de ce récital, nous communique son grand respect et son enthousiasme envers la musique à travers un jeu consciencieux. Cependant, dans la première partie, germanique, le pianiste n’est pas encore tout à fait à l’aise. Dans les œuvres des deux compositeurs, le tempo parfois très lent dans des pièces à caractère calme, donne la sensation d’un déséquilibre plus ou moins marqué, d’autant que celles-ci sont interprétées comme des morceaux à part entière. Le rapport ritardando-accelerando est si accentué que nous en sommes quelque peu déstabilisés. Dans le cycle de Davidsbündlertänze, le son sec et détaché dans des passages rythmiques, en réduisant au minimum l’utilisation de la pédale, et surtout, là où on ne l’attend pas forcément (comme la 9e pièce), pourrait être considéré comme la grande originalité du pianiste. Tout au long de la première partie, le volume qu’il déploie est tel que le son est souvent saturé, laissant un mélange de résonance assez étrange. Et tout cela malgré la grande humilité dont il fait preuve dans son interprétation.

En revanche, dans la deuxième partie, l’espace sonore est merveilleusement maîtrisé : chaque note est parfaitement à sa place, à une sonorité appropriée. Il joue avec plus de naturel et plus de fluidité. Quand il y a un mélange sonore, c’est pour produire un effet adéquat, comme il nous le démontre avec élégance dans chacune des trois pièces composant Gaspard de la nuit. Pour le Scherzo de Chopin, l’expressivité mélodique de la partie du milieu ne ralentit pas le tempo, qu’il maintient bien modéré, et l’accélération vers la fin se déroule sans aucun excès. Rien n’est donc ni trop exagéré, ni trop timide. Tout est justement dosé, grâce à sa parfaite connaissance de la partition. Il ne serait pas excessif de dire qu’il est en réelle communion avec l’esprit de ces compositeurs !

Il en va de même pour les quatre bis : Nouvelle étude en fa mineur de Chopin, le Poisson d’or de Debussy, Toccata de Ravel et la 5e variation des Etudes symphoniques de Schumann. Notons que son passionnant Toccata, un véritable régal, a été acclamé en standing ovation.

Crédit photographique : photo © DR

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 29-IV-2011. Johannes Brahms (1833-1897) : Deux Rhapsodies op. 79, en si mineur ; en sol mineur ; Robert Schumann (1810-1856) : Davidsbündlertänze, op. 6 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Gaspard de la nuit ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Prélude en ut dièse mineur, op. 45 ; Scherzo n° 2, en si bémol mineur, op. 31. Philippe Bianconi, piano.

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