Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Hilary Hahn et Valentina Lisitsa, fascinant éclectisme

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Paris, Salle Pleyel, 3-V-2011. Fritz Kreisler (1875-1962) : Variations sur un thème de Corelli. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour violon et piano n° 5 en fa majeur « Le Printemps » op. 24. Charles Ives (1874-1954) : Sonate pour violon et piano n° 4 « Children’s day at the camp meeting » S. 63. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita pour violon seul n° 1 en si mineur BWV 1002. George Antheil (1900-1959) : Sonate pour violon et piano n° 1 ; Scherzo n° 2 en si bémol mineur op. 31. Hilary Hahn, violon ; Valentina Lisitsa, piano

Le programme de ce récital est d’un formidable éclectisme, un savant mélange de grands classiques et de musique du XXe siècle, une heureuse cohabitation entre tradition germanique et modernité américaine. Hillary Hahn et Valentina Lisitsa ouvrent la soirée avec les petites Variations de Kreisler, appelées également «dans le style de Tartini» et la Sonate «Le Printemps» de Beethoven, où la jeune violoniste ménage plus ou moins ses forces. Ainsi, le Scherzo de la Sonate est assez lent, sans caractère pétillant, mais avec le Rondo final on sent que la musique commence à s’épanouir. La pianiste laisse entendre un petit problème de précision rythmique et agogique, la période classique n’est visiblement pas sa spécialité. Vient ensuite la Sonate n°4 d’Ives où s’incruste un univers enfantin sur des harmonies sophistiquées exprimées au piano. Les deux musiciennes respirent plus librement, faisant disparaître la nervosité ressentie plus tôt.

Après l’entracte, c’est l’émerveillement. La Première Partita de Bach, un des chevaux de bataille de , tient toute la salle en haleine. Une très grande rigueur, une vivacité éclatante, un son extrêmement clair… C’est avec une surprenante facilité qu’elle met au service de la musique tous ces éléments, aussi indispensables que difficiles à maîtriser. Elle interprète en particulier le double de la «Sarabande» avec une virtuosité troublante par sa précision d’horloge. A la fin du programme, changement radical de style et d’atmosphère, avec une Sonate de George Anteil. La violoniste y livre ses mille facettes, grâce à des expressions tout aussi fragiles, raffinées et magistrales que rustiques, barbares et violentes, dans une variété infinie de sonorités. Elle maîtrise aussi bien l’aspect de «country» américain du premier mouvement que l’effet de cloche du troisième. Son talent est pleinement mis en avant par l’excellence de la partie de piano. Elles clôturent leur récital avec deux petites œuvres romantiques de Kreisler, tel un retour à l’ordre après une tempête.

Crédit photographique : photo © Mathias Bothor / DG

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Paris, Salle Pleyel, 3-V-2011. Fritz Kreisler (1875-1962) : Variations sur un thème de Corelli. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour violon et piano n° 5 en fa majeur « Le Printemps » op. 24. Charles Ives (1874-1954) : Sonate pour violon et piano n° 4 « Children’s day at the camp meeting » S. 63. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita pour violon seul n° 1 en si mineur BWV 1002. George Antheil (1900-1959) : Sonate pour violon et piano n° 1 ; Scherzo n° 2 en si bémol mineur op. 31. Hilary Hahn, violon ; Valentina Lisitsa, piano

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