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Daniel Linehan / Martin Chaput et Martial Chazallon, le retour du conceptuel

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Pantin. Centre National de la Danse. 17-V-2011. Dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis. Daniel Linehan : Zombie Aporia. Chorégraphie : Daniel Linehan. Lumières : Brian Brœders. Répétiteur voix : Jonas Cole. Avec Daniel Linehan, Salka Ardal Rosengren, Thibault Lac. Martin Chaput et Martial Chazallon : Diorama. Scénographie, dramaturgie : Mathieu Bouvier, Martin Chaput, Martial Chazallon. Musique : Jason Treuting. Lumières : Maryse Gautier. Avec Martin Chaput, Yannick Guédon, Bertrand Lombard, Elena De Renzio, Jason Treuting.

Il y a le conceptuel intelligent, incarné par le jeune et talentueux , et celui qui prend les spectateurs en otages, comme le contestable Diorama. Ma préférence va de loin au premier…

Ils ont l’air tout droit sortis d’un lycée des années 40, en Allemagne, en France ou aux Etats-Unis, avec leur côté preppy et leurs cheveux bien peignés. Ces trois jeunes danseurs au look rétro entrent en résistance et renouent avec la recherche conceptuelle. Mais eux au moins, ils trouvent ! Leur défi ? Se créer des contraintes de plus en plus difficiles au gré des huit pièces qui composent ce Zombie Aporia (Zombie pour morts-vivants, Aporia pour contradiction logique). Improvisation contrôlée par ordinateur, mini-caméra embarquée, textes projetés sur écran, injonctions lumineuses : la technologie omniprésente donne sa dimension aléatoire à chaque défi. Mais le corps des danseurs, virtuoses, et leur voix, impressionnante, leur restituent sa dimension humaine, faillible. Alors que tout semble toujours maîtrisé, l’intérêt de chaque pièce vient du contraste entre le contrôle de l’apparence et le déchaînement corporel. Les talents de performeuse de Salka Ardal Rosengren, les talents d’acteur de Thibault Lac, les talents de danseur de font merveille dans ces saynètes surréalistes. C’est frais, moderne, épatant !

Ce n’est pas le cas de Diorama, un happening participatif qui se fiche du monde. Pendant la première demi-heure du spectacle, c’est derrière un rideau de scène obstinément fermé que cela se passe ! Des instruments qui s’accordent, des voix qui fredonnent ou murmurent, des pas qui forment des cercles et l’injonction d’un compositeur qui réclame des cobayes. Le principe semble de faire passer petit à petit les spectateurs derrière le rideau, vidant la salle. En obligeant les gens à participer pour voir ce qui se passe de l’autre côté du rideau, Diorama fausse le contrat (matérialisé par le billet, à défaut de programme).

Les spectateurs passés de l’autre côté du rideau racontent alors leur «expérience» en voix off. No big deal ! Lorsque le rideau s’ouvre enfin, on découvre les participants assis de part et d’autre du plateau, les pancartes affichant les consignes retournées vers le sol. Pour nous, spectateurs restés sagement assis, les consignes sont muettes. Hardiment brandies par les «interprètes», les pancartes, d’abord vierges, puis recouvertes d’un seul et même mot, se retrouvent progressivement dans les mains des participants, puis des spectateurs. Nous voilà assis au milieu d’une forêt ! On s’aperçoit alors que la salle est pleine de complices. A la fin, on trinque. A quoi ?

Crédits photographiques : Zombie Aporia, de Daniel Linehan © Jean-Luc Tanghe. Diorama, de et Martia Chazallon © Marcus Desieno

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Pantin. Centre National de la Danse. 17-V-2011. Dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis. Daniel Linehan : Zombie Aporia. Chorégraphie : Daniel Linehan. Lumières : Brian Brœders. Répétiteur voix : Jonas Cole. Avec Daniel Linehan, Salka Ardal Rosengren, Thibault Lac. Martin Chaput et Martial Chazallon : Diorama. Scénographie, dramaturgie : Mathieu Bouvier, Martin Chaput, Martial Chazallon. Musique : Jason Treuting. Lumières : Maryse Gautier. Avec Martin Chaput, Yannick Guédon, Bertrand Lombard, Elena De Renzio, Jason Treuting.

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