Concerts, La Scène, Musique symphonique

Gianandrea Noseda et l’Orchestre de Paris

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Paris. Salle Pleyel. 30-VI-2011. Alexandre Borodine (1833-1887) : Le Prince Igor : Ouverture et Danses polovtsiennes. Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon Op.47. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Alexandre Nevski, cantate op.78. Viktoria Mullova, violon. Elina Zhidkova, mezzo-soprano. Chœur de l’Orchestre de Paris (chef de chœur : Simon Phipps). Orchestre de Paris, direction : Gianandrea Noseda.

Ce concert de fin de saison de l’ voyait débuter au pupitre de l’orchestre parisien le chef milanais , pas encore très connu sous nos contrées mais néanmoins directeur du Teatro Regio de Turin, Principal chef invité depuis 1997 du Théâtre Mariinsky de Saint-Petersbourg où il est le premier étranger à occuper ce poste, nouvellement nommé à la même fonction à l’Orchestre symphonique de Pittsburgh, entre autres activités aux quatre coins de la planète. C’était donc ce soir les premiers pas de ce duo chef-orchestre, dans un programme où ils ne restèrent jamais seuls puisqu’accompagnés par le Chœur de l’ dans Borodine et Prokofiev, et accompagnant le Stradivarius de dans le Concerto pour violon de Sibelius.

Le début du concert fut consacré à des extraits du Prince Igor de Borodine, dont on sa      it la composition bien compliquée puisqu’inachevée et complétée par Glazounov, Liadov et Rimski-Korsakov. L’Ouverture enchaine voire enchevêtre les thèmes utilisés par la suite, ce que l’orchestre nous a semblé reproduire en donnant l’impression d’une première lecture où la cohésion entre les groupes d’instruments n’était pas bien assurée, cordes, bois, cuivres et percussions, bien que rythmiquement ensemble, sonnaient musicalement « chacun pour soit ». Sans doute était ce là en partie le résultat du manque d’expérience commune avec le chef, physiquement mobile, aux gestes amples, favorisant les nuances dynamiques et la ligne musicale sans trop s’attacher à la simple production d’un son en lui-même déjà expressif. L’arrivé du chœur pour les fameuses Danses polovtsiennes ajouta du spectaculaire à cette pièce jouée vigoureusement.

On s’en doute, on retrouva dans le Concerto de Sibelius le même sentiment de disparité sonore, mais il nous parut moins gênant et cette fois c’est l’ensemble de la vision du chef qui nous sembla moins claire, avec des moments très habités et intenses à côté de passages peu expressifs sans qu’on arrive vraiment à y dégager une logique musicale évidente. Du coup on eut également l’impression que aurait produit exactement le même accompagnement, assez direct, un peu brut, au tempo modéré, quelque soit son soliste, ce qui fit alterner dans ses relations avec des moments impeccablement « de concert » avec d’autres plus neutres. On ne peut pas dire non plus que la violoniste chercha à impressionner par un jeu spectaculaire car elle préféra favoriser la douceur des attaques, la subtilité des phrasés, plutôt que la puissance expressive basée sur une dynamique exacerbée et une tension dramatique plus poussée. Si son premier mouvement Allegro moderato fut sans histoire, l’Adagio di molto qui suivit fut le meilleur moment du concerto, car on y sentit plus franchement s’exprimer l’émotion musicale. Dans le Finale, diaboliquement ardu pour la main gauche tant Sibelius y enchaine sans répit doubles et triples croches, Viktoria Mullova ne parvint pas compétemment à nous le jouer comme si c’était facile, idéal, reconnaissons le, que bien peu ont atteint, étant parfois en difficulté dans la vitesse et du coup la justesse. Le contraste fut flagrant avec la Sarabande de la Partita n°2 offerte en bis, légère, subtile, cette fois-ci évidente.

Avec la cantate Alexandre Nevski de Prokofiev, le chef nous sembla bien plus à son affaire, et l’équilibre imparfait de l’orchestre moins problématique tant cette musique ne joue pas directement sur de subtiles nuances, mais plus franchement sur l’élan, la vigueur des phrasés et des rythmes, la fulgurance des poussées dynamiques. Et force est de reconnaitre que ça fonctionnait plutôt bien, avec bien sûr en point culminant une Bataille sur la glace jouée sur un rythme très soutenu, avec une urgence permanente qui impressionna franchement. Beau contraste avec l’Adagio qui suivit et l’intervention de la mezzo Elina Zhidkova, à la voix dense et pleine, dont l’interprétation du Sur le champ des morts avait juste ce qu’il faut de morbidité et d’élégance réunies pour captiver et émouvoir l’assistance. L‘Entrée d’Alexandre Nevski dans Pskov acheva avec panache ce concert qui bénéficia du sur-titrage de toutes les parties chantées.

Crédit photographique : Sussie Ahlburg

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Paris. Salle Pleyel. 30-VI-2011. Alexandre Borodine (1833-1887) : Le Prince Igor : Ouverture et Danses polovtsiennes. Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon Op.47. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Alexandre Nevski, cantate op.78. Viktoria Mullova, violon. Elina Zhidkova, mezzo-soprano. Chœur de l’Orchestre de Paris (chef de chœur : Simon Phipps). Orchestre de Paris, direction : Gianandrea Noseda.

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