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Vivaldi, Nathalie Stutzmann et la voix de contralto

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Antonio Vivaldi (1678-1741) : airs et extraits de Juditha triumphans RV 644, Orlando furioso RV 728, Arsilda regina di Ponto RV 700, Tieteberga RV 737, Il Giustino RV 717, L’Olimpiade RV 725, La costanza trionfante dell’amor e dell’odio RV 706, Il Teuzzone RV 736, Andromeda liberata RV Anh 117, L’Atenaide RV 702, Semiramide RV 733. Avec : Nathalie Stutzmann, contralto. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann. 1 CD. Deutsche Grammophon 476 4304. Code-barre : 028947 643043. Enregistré à l’Arsenal de Metz en septembre 2010. Notice de présentation bilingue (français, anglais). Durée : 71’14’’.

 

Ce CD comptera certainement parmi les plus belles réalisations vivaldiennes de ces dernières années. Tout d’abord pour l’originalité du programme, qui contient en plus de quatre premières mondiales vocales – sans compter quelques ritournelles instrumentales jamais enregistrées auparavant… – un certain nombre de petits bijoux, tous destinés à mettre en valeur cette voix de contralto féminin tant prisée par le Prete Rosso. Le beau texte de présentation de Frédéric Delamea souligne d’ailleurs la cohérence et la vertu didactique de la compilation effectuée ici, qui vise à montrer qu’il n’y avait pas que les castrats qui parvenaient au début du XVIIIe siècle à enflammer le public par leur virtuosité et leur expressivité.

, à la tête de son ensemble Orfeo 55, ne manque ni de l’une ni de l’autre de ces qualités, même si ce sont les pages les plus mélancoliques qui conviennent le plus naturellement à son timbre chaud et solaire. Si l’instrument est parfois un peu tremblotant dans les tessitures graves et centrales, le haut médium, parfaitement contrôlé, est en revanche de la plus grande beauté, et l’interprète distille les plus beaux phrasés qu’il ait été possible d’entendre ces dernières années dans des airs de Vivaldi.

Mais c’est surtout la variété de l’expression que l’on retiendra, grâce à quoi on échappe totalement à l’ennui que pourrait faire redouter une succession de plus d’une quinzaine d’airs du même compositeur. De la fureur à la mélancolie, de l’ironie au triomphe, ce sont tous les affects du chant baroque qui traversent ces pages, qui toutes apportent à un degré divers la preuve que c’est sans doute davantage dans son écriture vocale que Vivaldi a le plus touché au génie.

L’orchestre, conduit avec maestria par une main de fer dans un gant de velours, constitue pour ce programme essentiellement vocal le plus discret et le plus présent des accompagnements.

A consommer sans modération, vous ne vous en lasserez pas !

 

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Antonio Vivaldi (1678-1741) : airs et extraits de Juditha triumphans RV 644, Orlando furioso RV 728, Arsilda regina di Ponto RV 700, Tieteberga RV 737, Il Giustino RV 717, L’Olimpiade RV 725, La costanza trionfante dell’amor e dell’odio RV 706, Il Teuzzone RV 736, Andromeda liberata RV Anh 117, L’Atenaide RV 702, Semiramide RV 733. Avec : Nathalie Stutzmann, contralto. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann. 1 CD. Deutsche Grammophon 476 4304. Code-barre : 028947 643043. Enregistré à l’Arsenal de Metz en septembre 2010. Notice de présentation bilingue (français, anglais). Durée : 71’14’’.

 
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