L’irrésistible Schubert du Trio Dali

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Franz Schubert (1797-1828) : Trios avec piano ; Sonate « Arpeggione » D. 821 ; Fantaisie pour violon et piano D. 934. Trio Dali. 2 CDs Fuga Libera. Référence FUG 584. Code barre : 5400439005846. Enregistré à Flagey (studio 4) en janvier et février 2011. Notice en français, anglais et allemand. Durée 136’25’’

 

Leur premier album consacré à Maurice Ravel avait propulsé les musiciens du sur le devant de la scène et remporté nombre de récompenses prestigieuses. Sans complexe et avec gourmandise, c’est à Schubert qu’ils s’attaquent aujourd’hui, mordant à pleines dents dans des partitions bien connues. Si, sur un marché du disque saturé, l’ascension de tels sommets exige d’avoir quelque chose de neuf à y faire entendre, c’est bel et bien le cas de ce rafraîchissant ensemble qui ouvre de nouvelles voies et nous régale d’un bout à l’autre de sa magistrale prestation.

Indubitablement, la jeune formation sait s’y prendre pour expliciter la structure de chaque mouvement sans pour autant se livrer à un cours d’analyse musicale rébarbatif. Tout ici s’enchaîne naturellement et semble couler de source. Il se trouvera peut-être des esprits chagrins pour trouver ce Schubert trop explicitement optimiste mais les interprètes assument pleinement leurs choix et touchent parfois au divin. Car à côté de couleurs superbes et raffinées, d’une palette dynamique contenant les plus subtiles nuances et d’une plénitude sonore envoûtante, le possède un sens du phrasé des plus exquis auquel il est difficile de ne pas succomber. Avec une facilité presque insolente (même si l’on sait tout le travail que cela représente en amont), les musiciens nous font voyager sur un nuage depuis lequel le panorama est toujours sublime.

Outre les deux trios, le violoncelliste Christian-Pierre La Marca assure le spectacle dans une sonate Arpeggione d’une rare élégance. Sur les ailes du chant, il trace la ligne mélodique avec une fluide volupté -écoutez le « fondu enchaîné » entre le mouvement lent et le début du finale !- et travaille magnifiquement les contrastes que recèle la partition. On s’y trouve emporté dans un monde d’une envoûtante beauté dont il est difficile de s’extraire si ce n’est pour s’immerger dans la Fantaisie pour violon et piano, page aussi irrésistible que redoutable qui trouve tout simplement ici une des versions les plus séduisantes de la discographie. A chaque instant, Vineta Sareika et Amandine Savary, idéales complices, nous inondent de lumière(s) et de poésie. On en sort un rien étourdi, ivre de bonheur, le cœur battant comme après un premier baiser, avec pour seule envie de s’y replonger. Armés d’un talent hors norme, d’une intelligente musicalité, d’une vitalité communicative et d’un caractère bien trempé, ces trois-là sont partis pour faire des ravages. Nous les suivrons sans résistance…

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