Vanessa Wagner irrésistible dans Mozart !

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Mimet. Château-Bas.5-VIII-2011. ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791): Symphonie n°41 en ut majeur K. 551 « Jupiter » ; Concerto pour piano n°9 en la majeur KV. 488 Vanessa Wagner, piano ; Orchestre Philharmonique du Pays d’Aix, direction : Jacques Chalmeau.

Depuis plusieurs saisons, le Château-Bas de Mimet fait partie des scènes qui accueillent le festival de la Roque d’Anthéron. Avec son château datant du XVIIe Siècle, son parc de cinq hectares aux essences rares et aux  arbres centenaires, ce cadre enchanteur fut le théâtre d’une soirée « Mozart ».

Dirigé par , l’, accompagné de quelques musiciens du Sinfonia Varsovia, donna une belle réplique à la soliste du soir, .

En première partie, la symphonie « Jupiter » n’épousa pourtant pas le caractère grandiloquent et exaltant attendus. Dans l’Allegro, les cordes se font quelque peu timides et tardent à s’imposer malgré une direction attentive et soignée. Le mouvement suivant manque, quant à lui, de respiration avec un tempo bien rapide pour un Andante d’autant que l’Allegretto est pratiquement joué à la même vitesse. Une  multitude de détails mélodiques auraient pourtant mérités qu’on s’y attarde davantage. Le difficile Final connaît en revanche plus de réussite avec plus d’engagement de part et d’autre.

La deuxième partie était consacrée au concerto pour piano « Jeunehomme » de Mozart, le premier chef d’œuvre du génie de Salzburg, écrit à l’âge de 21 ans. L’orchestre parvint à hisser sensiblement le niveau de son jeu et permit un équilibre architectural d’ensemble.

Sans jamais chercher à en rajouter, trouve avec naturel le relâchement nécessaire pour faire vibrer l’essence « mozartienne ». Son toucher poétique sublime à lui seul la tension dramatique de l’Andantino. Il porte loin le discours ombragée et douloureux de cette « Méditation sur la Mort » comme disait Messiaen. Petite déception toutefois du côté de l’acoustique des lieux quelque peu sèche : elle ne nous permit pas d’apprécier pleinement l’éventail de nuances et les sonorités feutrées pianissimi du piano parfois couvert par l’orchestre. Le rondo final met, quant à lui, en lumière une vélocité digitale sans faille…alors que l’orchestre a bien failli se faire distancer par le piano en fin de mouvement! Une formidable main gauche rajoute du piquant au chant mélodique résolument cantabile dans le Menuet.

L’impression de maîtrise se confirmera dans le 2e impromptu op.90 de Schubert offert en bis. Choix de tempo idéal, belle articulation fluide… Cette interprétation engagée fut pleine de caractère avec, dans la reprise du 2e thème, quelques mesures d’une inspiration presque improvisée. L’ovation du public conclut en beauté une soirée en crescendo.

Crédit photographique : Franck Courtès

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