Compilation de récitals de chanteuses

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Airs et Lieder de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Franz Schubert (1797-1828), Robert Schumann (1810-1856), Johannes Brahms (1833-1897), Richard Strauss (1864-1949), Sergeï Rachmaninov (1873-1943), Giuseppe Verdi (1813-1901), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Gustav Mahler (1860-1911). Marian Anderson, contralto ; Christa Ludwig, Angelika Kirchschlager, Vesselina Kasarova, Marjana Lipovsek, mezzo-sopranos ; Elly Ameling, Renée Fleming, sopranos ; Orchestres divers ; Andrea Marcon, Sir Colin Davis, Claudio Abbado, Christoph Eschenbach, direction ; Charles Spencer, Jörg Demus, piano. 6 CDs Sony Music. Code barre : 886978616920. Enregistré entre 1924 et 1996. Livret en français. Durée : 74’51, 72’49, 73’44, 50’35, 68’55, 71’24.

 

La branche française de Sony Classical a publié au printemps 2011 sous le titre « Les voix » différents récitals de chanteuses réunis en trois coffrets à petit prix en puisant dans son catalogue ainsi que dans celui de RCA et DHM. Malgré des visuels des plus kitsch, ils constituent une aubaine pour (re)découvrir quelques grandes voix féminines qui ont fait la gloire de ces labels, de à , le choix des répertoires étant dans l’ensemble assez judicieux. Le coffret qui nous intéresse ici est consacré à des lieder, des airs sacrés et des airs d’opéras.

Parue initialement en 1990, la compilation consacrée à la contralto (1897-1993) contient essentiellement des prises des années 1930 et 1940 et remonte jusqu’à 1924 pour le negro spiritual « Go Down, Moses », une version avec orchestre. La voix reste profondément émouvante, le charme opère, en particulier dans le bouquet de lieder (Schubert, Schumann, Brahms, dont la Rhapsodie pour contralto) ou les arias de Bach et Haendel, même si le style a parfois un peu vieilli. Un air d’opéra figure sur ce disque, hautement symbolique, tiré d’Un Bal masqué de Verdi, contemporain de ses débuts au Metropolitan Opera de New York dans la même œuvre (1955) : elle fut alors la première chanteuse noire à se produire sur cette prestigieuse scène.

On passera vite sur l’incursion d’ dans le répertoire baroque et ce récital d’arias de JS. Bach : trop juste dans les registres extrêmes, la mezzo-soprano commet l’impardonnable, rendre ennuyeuse cette musique : c’est propret et manque singulièrement d’engagement. Même timbre (sur le papier) mais un tout autre calibre de voix avec dans un récital d’airs d’opéras de Mozart, son répertoire de prédilection avec Rossini, publié à l’origine en 1997. Très convaincante, expressive dans l’opéra seria et ses rôles de castrats (Idoménée, Mitridate, Lucio Silla, La Clémence de Titus), elle est un peu moins enthousiasmante dans le reste du programme.
Autre mezzo-soprano venue d’Europe de l’Est, Marjana Lipovsek est présente dans ce coffret avec les Kindertotenlieder de Mahler, enregistrés en concert en 1992, accompagnée par les musiciens du Philharmonique de Berlin et Claudio Abbado, une version solide qui avait fait une apparition furtive dans les bacs des disquaires, couplée il est vrai à du Luigi Nono.

Déjà réédités, les Quatre Derniers Lieder de Strauss gravés par et Christoph Eschenbach figurent aussi dans ce coffret. Une version archi sophistiquée (maniérée diront certains) aux tempos assez lents qui n’éclipse pas les Della Casa, Schwarzkopf, Janowitz, Norman…

La grande est également représentée dans le programme de lieder (et quelques coquilles dans le track-listing…) avec lequel elle fit ses adieux à la scène à Salzbourg en 1993. Alors âgée de soixante-cinq ans, la mezzo-soprano fait encore fort bonne figure dans ce répertoire qu’elle a beaucoup fréquenté au cours de sa carrière. Ses très grands enregistrements de lieder (Brahms, Schubert, Schumann, Mahler…) sont néanmoins à chercher plutôt chez EMI, des témoignages des années 1950 et 1960.

Le dernier disque de ce coffret est consacré à et aux célèbres vinyles consacrés à Schubert (1965) et Schumann (1967) dans lesquels elle était accompagnée au pianoforte par Jörg Demus (rejoint par le clarinettiste Hans Deinzer dans « Der Hirt auf dem Felsen »). Le charme opère toujours et le plaisir distillé par la soprano néerlandaise reste intact.

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