45ème Festival de La Chaise-Dieu Comment ne pas aimer Bach et… Suzuki ?

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. 22-VIII-2011. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantate « Freue dich, erloste Schar » BWV 30 ; Cantate « Gott, man lobet dich in der Stille » BWV 120 ; « Wir danken dir, Gott » BWV 29. Rachel Nicholls, soprano ; Robin Blaze, contre-ténor ; Gerd Türk, ténor ; Peter Kooij, basse ; Bach Collegium Japan, direction : Masaaki Suzuki.

Comment ne pas aimer Bach et… Suzuki ? Impossible après la démonstration que le chef japonais a faite à La Chaise-Dieu au cours du 45ème Festival. En soi, c’était un évènement : son premier concert en province française avec son . Grâce en soit rendue à Jean-Michel Mathé, le directeur du Festival. Rappelons que, dès 1994, a entrepris l’enregistrement de l’intégrale des cantates de Bach. « J’en ai pris pour 20 ans » disait-il ! Et le 49ème CD vient de paraître chez BIS…
Trois cantates étaient au programme de ce concert avec, pour débuter, la BWV 30 « Freue dich, erlöste Schar », un réemploi, aménagé, d’une cantate profane. Le chœur d’ouverture « Réjouis-toi, légion délivrée » donne le ton du concert : pulsation tonique, homogénéité des voix, netteté des attaques et (surtout) des finals. est égal à lui-même dans l’air « Gelobet sei gott, gelobet sein Name » et nous… régale de doubles croches superbes. Le chœur termine cette cantate avec du punch et une précision de la prononciation germanique en parfait accord avec la direction incisive de .

Créée une dizaine d’années plus tôt, la cantate « Gott, man lobet dich in der Stille » s’ouvre sur un air d’alto avec des vocalises virtuoses. est un peu juste… Nous retrouvons les 12 choristes du chœur dans un exaltant « Jauchzet, ihr erfreuten Stimmen » soit « Triomphez, voix réjouies ». La dynamique du chef est parfaitement suivie par les trompettes et les voix. C’est magnifique. Petite déception avec la soprano dans l’air suivant où elle dialogue avec le premier violon : le chant est un peu monocorde et trop collé à la partition.
Mais on attend le troisième volet du concert : la cantate « Wir danken dir, Gott ». La sinfonia d’ouverture est (presque) un concerto pour orgue et orchestre. Ecrit en style fugué, le chœur « À Toi, nous rendons grâce, ô Dieu » met, encore une fois, en valeur le chœur. Ça, c’est du chant ! Les oreilles des spectateurs deviennent encore plus attentives : oui, les thèmes évoquent une autre œuvre… Ils seront repris dans le « Gratias agimus tibi » et le « Dona nobis pacem » de la Messe en si. Dans l’air « Alleluia, force et puissance au nom du très Haut » , associé au premier violon, pourrait être plus allègre, plus festif. Le chœur continue son récital et on retrouve , lui aussi dans un « Alleluia » un peu en retrait. Dommage. Le choral « Sei Lob und Preis mit Ehren » signe la fin et de la cantate et du concert. Implorant, priant, confiant, le chant du chœur est beau, tout simplement.
Quel grand écart culturel nous est proposé par ces chanteurs (tous japonais), musiciens et, évidemment, par Masaaki Suzuki ! Bien sûr, ce dernier a travaillé en Europe, en particulier avec Ton Koopman. Mais avoir intégré Bach d’aussi belle manière… Chapeau, Monsieur Suzuki ! Au fait, quand revenez-vous nous faire écouter Bach ?

Crédit photographique : Masaaki Suzuki © Jean-Noël Démard

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