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Les jardins délicatement suaves d’Ambronay

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Ambronay. Église abbatiale. 25-IX-2011. Orlando di Lasso (1532-1594) ; Severo Bonini (1582-1663) ; Giovanni Pierluigi da Palestrina (ca.1525-1594) ; Domenico Mazzocchi (1592-1665) ; Giovanni Francesco Anerio (ca.1567-1630) ; Adriano Banchieri (1568-1634) ; Claudio Monteverdi (1567-1643). María Cristina Kiehr, soprano ; Stephan MacLeod, basse. Concerto Soave. Jean-Marc Aymes : orgue, clavecin & direction

Quand la musique est aussi belle que celle qu’ont entendue les spectateurs de ce concert du Festival d’Ambronay, les mots paraissent bien pauvres pour exprimer ce bonheur paisible que l’assistance a éprouvé.

a concocté un programme à connotation spirituelle autour de l’histoire chrétienne. La femme y est bien présente, de Marie et Marie-Madeleine à… mais aussi avec les cinq musiciennes du .

Un petit chœur d’enfants ouvre le concert avec une procession sur l’Ave Maria grégorien. On le retrouvera, avec plaisir, au fil du programme avec des extraits du Livre Vermeil de Montserrat.

Puis les deux solistes et, surprise, les instrumentistes murmurent le texte de la sybille delphique, la Pythie, annonçant qu’ « un Dieu viendra pour mourir et qu’il sera plus grand que les immortels ». Saisissant !

Le motet Missus est Gabriel de Severo Bonini illustre l’Annonciation. Dans ce dialogue de l’Ange et de Marie, les deux solistes s’identifient aux personnages et chantent en totale communion musicale. Un peu plus loin dans le concert, nous retrouvons les enfants qui interprètent, avec une aisance tranquille, un virelai tiré du Livre Vermeil, pourtant d’une évidente difficulté.

Dans La Notte di Natale de Mazzocchi, les deux solistes se racontent la Nativité. est délicate, humble mais aussi espiègle et n’hésite pas à projeter sa voix loin, au fond de l’abbatiale. est très attentif à sa partenaire. Tout est bien en place, regards complices compris ! La musique les encourage (avec humour ?) puisque dans le petit motet Petre, amas me ? d’Adriano Banchieri, c’est la basse – Jésus – qui pose la question à la soprano – Pierre – « Pierre , m’aimes-tu ? ». Étrange mais beau… Le Crucifixus de est chanté par . Fidèle au texte, l’interprétation est déchirante, poignante. Dans le Lagrime amare de Mazzocchi, on retrouve la même douleur et la même compassion exprimées, cette fois, par María Cristina Kiehr.

La fatigue se fait sentir, après une heure et demie de chant, mais la simplicité et le sourire des solistes font que les (rares) petites fautes sont pardonnées. Heureusement, la Résurrection arrive, avec l’Ascendit Christus de Palestrina et les alleluia
fusent vers le ciel…
C’est avec Monteverdi et son Confitebor alla francese que se termine cet après-midi festivalier. L’interprétation de ce motet résume l’esprit du concert : bonheur de chanter, complicité musicale et humaine, expressivité des sentiments…
Les musiciennes du ont été dans le ton : pas spectaculaires mais joliment expressives et leur chef, , discret mais efficace, dirigeait l’ensemble depuis ses claviers (orgue positif et clavecin).

Crédit photographique : Jean-Marc Aymes © Jean-Noël Démard; María Cristina Kiehr &
Stephan MacLeod © Jean-Noël Démard

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Ambronay. Église abbatiale. 25-IX-2011. Orlando di Lasso (1532-1594) ; Severo Bonini (1582-1663) ; Giovanni Pierluigi da Palestrina (ca.1525-1594) ; Domenico Mazzocchi (1592-1665) ; Giovanni Francesco Anerio (ca.1567-1630) ; Adriano Banchieri (1568-1634) ; Claudio Monteverdi (1567-1643). María Cristina Kiehr, soprano ; Stephan MacLeod, basse. Concerto Soave. Jean-Marc Aymes : orgue, clavecin & direction

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