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Hindoyan dirige à Liège

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Liège. Salle philharmonique. 14-X-2011. Anatoli Liadov (1855-1914) : Le Lac enchanté, poème symphonique op.62 ; Jean Sibelius (1865-1957): Concerto pour violon en ré mineur op.47 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Roméo et Juliette, Ouverture-fantaisie d’après Shakespeare ; Leonard Bernstein (1912-1990) : Symphonic Dances from West Side Story. Tatiana Samouil: violon. Orchestre philharmonique Royal de Liège, direction : Domingo Hindoyan

, jeune chef d’orchestre originaire du Venezuela était l’invité de l’ pour diriger un programme qui, entièrement voué au répertoire romantique, a su convaincre un public venu en nombre. Il faut reconnaître que l’orchestre avait fait un effort important en terme de communication pour présenter au public , jeune baguette issue du programme social d’éducation musicale El Sistema. Si le nom de ce programme vous était jusque-là inconnu, retenez simplement qu’il a déjà révélé un certain Gustavo Dudamel… La soirée débutait avec le Lac enchanté d’, une des rares et courtes pièces orchestrales du compositeur russe qui reste populaire, davantage pour ses parfums impressionnistes évidents que pour la densité de son discours musical. Hindoyan présente une curieuse lecture de ces pages, concentrant l’essentiel de ses efforts sur le travail des cordes, qui sculptent des ambiances tout à fait intéressantes mais plombées par des interventions des bois manquant de finesse.

Le Concerto pour violon de Sibelius était interprété par l’ex-conzertmeister de l’orchestre de la Monnaie: . La lauréate du prix Reine Elisabeth (édition 2001) s’impose d’évidence comme une interprète de grande qualité et ce dès les premières mesures du concerto. La sonorité est ample, dense et d’une stabilité remarquable dans le jeu en double corde. L’intensité de l’archet est encore plus marquante dans l’Adagio di molto, d’une rare poésie. L’accompagnement de l’orchestre s’avère très correct, notamment grâce à un bel équilibre entre les dynamiques de l’orchestre et le jeu de la soliste.

, soliste, a repris son poste de conzertmeister d’un soir en seconde partie de concert en rejoignant les rangs de l’orchestre. L’ouverture-fantaisie Roméo et Juliette de Tchaïkovski demeure certainement la meilleure surprise de ce concert. Claire et d’une efficacité redoutable, la lecture de Hindoyan tient en haleine jusqu’à la dernière note. Les musiciens répondent avec brio aux sollicitations de leur chef et livrent une excellente prestation, en particulier chez les cuivres tout en verve. Autre évocation du classique de Shakespeare, les Symphonic Dances from West Side Story de Bernstein offrent à l’orchestre un final haut en couleurs. La veille de ce concert, l’œuvre avait fait l’objet d’une séance « le dessous des quartes » à travers laquelle le chef d’orchestre en avait dévoilé les mécanismes. Nous avons pris beaucoup de plaisir à savourer l’orchestration de Bernstein remplissant richement le volume de la salle philharmonique avec ses couleurs originales de vibraphone, de saxophone, et encore plus rare à entendre dans ce type de salle, de batterie. On peut s’étonner de l’importance des effectifs orchestraux retenus pour interpréter cette pièce, lorsque l’on connait la partition originale, destinée au théâtre musical. L’exécution spectaculaire de ces pages où s’articulent élégamment une large palette de styles musicaux (rock, jazz, mambo) est extrêmement jouissive, reconnaissons-le. Le déballage de décibels en a cependant éclipsé finesse et poésie. Même le tcha-tcha présentait une pâle saveur alors qu’un zeste de préciosité aurait suffit à l’animer.

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