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Le superbe et poétique programme Liszt de Nicolas Stavy

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Franz Liszt (1811-1886) : Bénédiction de Dieu dans la solitude (extrait de Harmonies poétiques et religieuses) ; Sonnet de Pétrarque op.104 – Après une lecture de Dante (extrait de Deuxième année de pèlerinage) ; Six Consolations S.172 ; Du berceau jusqu’à la tombe. Nicolas Stavy, piano. 1 CD Hortus 088, code barre 3487720000881. Enregistré du 13 au 15 janvier 2011. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 77’08’’.

 

Il y a quelque temps signait un très réussi disque Chopin, avec en particulier une remarquable Sonate n°3. Le voilà maintenant qui se frotte à Lizst, l’autre pianiste compositeur romantique du cœur du XIXème siècle, et force est de reconnaitre que la réussite est de nouveau au rendez-vous avec des pièces qui ne sont pas choisies parmi les plus célèbres du compositeurs hongrois mais dans un répertoire plus rare, hormis peut-être le Sonnet de Pétrarque ou quelques Consolations entendues parfois en bis. Reliées entre elles par l’inspiration littéraire du compositeur, les six œuvres proposées ici justifient le titre de l’album : « Lectures ».

Ce CD, assez généreux en durée puisque atteignant les quasi limites du support, commence par Bénédiction de Dieu dans la solitude, œuvre où la main gauche porte presque entièrement le discours, avec accompagnement de la main droite. Cette pièce extraite des   Harmonies poétiques et religieuses trouve en un interprète qui a parfaitement su mettre en valeur la poésie de cette œuvre, jouée ici avec une lisibilité parfaite et une cohérence de ton conservée du début à la fin. Même si un poil plus de contrastes n’aurait pas nuit (écouter Arrau par exemple), cette nouvelle version s’impose d’elle-même.

A l’autre bout du disque se trouve la version piano de Du berceau jusqu’à la tombe (Von der Wiege bis zum Grabe) plus connu comme dernier poème symphonique écrit par Lizst. La performance de Nicolas Stavy ne nous fait nullement regretter l’absence de l’orchestre (pourtant cher à notre cœur), tant son piano narratif, vivant, puissant et toujours lisible, et surtout tenant magnifiquement la distance nous fait même oublier que cette œuvre était destinée à l’orchestre (même si la version piano existait avant). Ce petit quart d’heure de musique, par son originalité et sa réussite, justifie à lui seul l’acquisition de ce disque.

Le Sonnet de Pétrarque op.104 et Après une lecture de Dante, tous deux extraits de la deuxième Année de pèlerinage, ont sans doute plus de concurrence au disque, mais cette nouvelle version ne déparera aucune discothèque. Car, si le pianiste prend plus de risque avec les respirations, le rubato, la dynamique, c’est toujours fait avec décision et intelligence de telle sorte que le flux musical, même lorsqu’il devient tumultueux ou suspendu, s’écoule avec naturel et convainc constamment.

Enfin les Six Consolations écrites en 1850 sont au centre de cet album. Si la troisième est la plus développée et sans doute la plus connue par son utilisation en bis à de nombreuses occasions, écouter l’ensemble des six est très intéressant d’autant que le pianiste reprenant le ton poétique qu’il a si bien défendu ailleurs, parvient à donner sa propre personnalité à chacune tout conservant une cohérence sans faille au tout.

Au cœur de la lizstmania où le mélomane se voit offrir des boites plus ou moins grosses allant du tout Lizst, à Liszt l’essentiel, en passant par les best of, cet album tout simple, composé finalement de façon très cohérente dans sa symétrie avec aux extrêmes Bénédiction et Du berceau jusqu’à la tombe de climat proche, encadrant les deux extraits des  Années de pèlerinage plus spectaculaires et extraverties, elles-mêmes cernant les Consolations, s’impose pour son originalité, l’intelligence de son programme et la qualité de sa réalisation pianistique et musicale.

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