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David Theodor Schmidt : «Wohin?»

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

David Theodor Schmidt, piano C. Bechstein D 282 : «Wohin?» Auf romantisher Reise. Franz Liszt (1811-1886) : 5 Lieder von Franz Schubert ; Robert Schumann (1810-1856) : Kreisleriana, fantaisies pour piano op.16. Enregistré du 10 au 13 mai 2011 à la Jesus-Christus-Kirche de Dahlem (Berlin). 1 CD Hänssler PH11018. Code barre 8 81488 11018 0. Livret en allemand et anglais. Durée totale 53’09

 

A même pas trente ans le jeune pianiste allemand originaire d’Erlangen a forgé sa réputation et le début de son succès sur les concours qu’il a brillamment remportés mais aussi au gréé des récitals qu’il donne un peu partout en Europe (Berlin, Leipzig, Londres et Moscou notamment). « Wohin? » est sa cinquième réalisation au disque dans un programme qui se veut au plus proche du romantisme allemand du XIXe. Pour cela il intègre des transcriptions par Liszt de différents Lieder de ainsi que les Kreisleriana de . Le pianiste tente une investigation au cœur d’un courant musical qui voyait la sensibilité l’emporter sur la dualité raison/émotion qui prévalait auparavant. Les œuvres choisies représentent pour lui les motifs émotionnels basiques de l’ère Romantique : la langueur d’un accomplissement total, d’un bonheur parfait. Il rappelle dans la notice que les transcriptions de Liszt ne sont pas de simples versions piano solo des Lieder mais bien des compositions permettant de rendre compte, de la meilleure manière, du sens intérieur de chaque pièce afin de les rendre plus accessibles à l’auditeur. Kreisleriana, inspirée par la figure littéraire du kapellmeister Johannes Kreisler est une des œuvres les plus abouties de Schumann par son aptitude à nous plonger au cœur même du romantisme allemand mais aussi par son intensité rare et la maîtrise extrême de sa composition.

utilise un piano C. Bechstein D282 qui s’adapte parfaitement aux Kreisleriana en restituant de manière très convaincante les différentes atmosphères de l’œuvre : dramatique orageuse, lyrisme fervent, immense tendresse, frissons démoniaques qui alternent avec des formes plus compressées. Les transcriptions des Lieder de Schubert : Whoin?, Der Lindembaum, Ständchen, Der Müller und der Bach et Der Wanderer sont jouées avec une grande sensibilité sans sombrer dans le pathos. Nous regrettons cependant une trop grande résonance qui fait disparaître les moments d’intense intimité dans des harmoniques trop riches finissant par gêner l’audition. Aussi dans ces transcriptions, le léger trop de legato et le lyrisme un peu emporté du jeune pianiste n’aident pas non plus parfois à faire de ces véritables chefs-d’œuvres ce qu’on en attendait, des compositions au service des Lieder et non pas d’un pianiste et de son piano. Nous retiendrons donc ce disque pour la belle interprétation que David Theodor Schmidt donne des Kreisleriana en l’attendant avec enthousiasme dans un programme Schubert qui sera, nous n’en doutons pas, plus maîtrisé par peut-être plus de maturité et le choix d’un autre instrument.

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