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Vassily Kalinnikov, l’art de l’artisan

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Vassily Kalinnikov (1866-1901) : Symphonie n° 1 en sol mineur ; Symphonie n° 2 en la majeur. Orchestre philharmonique de Malaisie, dir. Kees Bakels. 1 CD BIS Records. Réf. BIS-CD-1155, code barre : 7 318590 011553. Enregistré en décembre 2000 à Kuala Lumpur, Malaisie. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 77:29

 

« Un talent sinon de premier ordre du moins suffisamment consistant pour ne pas être oublié, et une vie interrompue à la veille de ses trente-sept ans par la phtisie… » résume efficacement André Lischke dans son Histoire de la musique russe publiée chez Fayard en 2006. En corollaire, c’est avec un état d’esprit ouvert et accueillant qu’il faut accoster les deux symphonies de composées entre 1894 et 1897.

L’ a commencé sa carrière en 1998 seulement. C’est peu mais suffisant sans doute puisque à l’écoute nous sommes confrontés à une phalange tout à fait honorable et sans défaut majeur. Son chef, , néerlandais, relativement peu connu et médiatisé affiche malgré tout de sérieux états de service tant dans le domaine de l’opéra que dans celui de la musique symphonique. Directeur musical et fondateur de cette formation, il impulse à sa phalange le savoir et le dynamisme indispensables pour se hisser à un niveau artistique recommandable. Leur enregistrement de la musique orchestrale de Nicolai Rimsky-Korsakov a suscité de bonnes critiques professionnelles. Dans la Symphonie n° 1 en sol mineur de Kalinnikov donnée à Kiev le 8 février 1897, ils offrent le meilleur d’eux-mêmes, soulignant la tonicité, la puissance et la grande vitalité de l’œuvre. Sa juvénilité évidente même. Les polémiques provoquées par l’utilisation d’un thème populaire russe dès les premières mesures de l’Allegro moderato sont depuis longtemps oubliées ; on remarquera le retour de plusieurs thèmes dans les trois autres mouvements. L’Andante commodo suivant, proche de Tchaïkovski, affiche une authentique beauté qu’exacerbent la harpe, puis le solo de cor anglais (puis de hautbois) et le traitement romantique assurée par les cordes rêveuses et lointaines. Le reste de la symphonie laisse certainement percevoir la manière d’un Borodine. La Symphonie n° 2 en la majeur, moins populaire, écrite dans la foulée de la précédente en a perdu la fraîcheur et la spontanéité au profit d’une science plus aiguisée du maniement des idées et des pupitres. On y rencontre de fort belles pages allant du rêve triste (Andante cantabile) à l’agencement savant de beaux et entraînants thèmes (Moderato –Allegro non troppo). Les deux symphonies de Kalinnikov apportent leur part à l’édifice symphonique russe sans trop s’éloigner de la tradition du Groupe des Cinq et en respectant et magnifiant selon les termes de Lischke une « tendance nationale pétersbourgeoise. »

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Vassily Kalinnikov (1866-1901) : Symphonie n° 1 en sol mineur ; Symphonie n° 2 en la majeur. Orchestre philharmonique de Malaisie, dir. Kees Bakels. 1 CD BIS Records. Réf. BIS-CD-1155, code barre : 7 318590 011553. Enregistré en décembre 2000 à Kuala Lumpur, Malaisie. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 77:29

 
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