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Jean-Frédéric Neuburger à Liège

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Liège. Salle philharmonique. 08-XII-2011. Mieczysław Karłowicz (1876-1909) : Stanisław et Anna Oswiecim, poème symphonique op.12. Franz Liszt (1811-1886): Concerto pour piano et orchestre n°1; Concerto pour piano et orchestre n°2 ; Tasso, Lamento e Trionfo, poème symphonique. Jean Frédéric Neuburger: piano. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Antoni Wit

neuburger« Liszt Virtuose ». L’en-tête du programme résumait efficacement l’esprit de ce concert auquel ont assisté en nombre les mélomanes liégeois. En présentant le même soir les deux concertos pour piano du Maître Hongrois, il était certes difficile de ne pas créer l’événement. D’autant plus qu’au clavier était attendu un talent certes jeune, mais combien prometteur: le français Jean Frédéric Neuburger. Déjà remarqué pour ses enregistrements (Chopin, Czerny, Brahms), ce talent montant du piano se fait également connaître par ses activités de compositeur et de pédagogue au conservatoire de Paris.

Aux commandes de ce concert, le chef d’orchestre proposait au public de découvrir la musique de son pays, à travers un poème symphonique de Karlowicz. Cette pièce trouve de manière évidente sa place dans ce programme par la tournure post-romantique de son orchestration. On y perçoit également aisément l’importance de l’héritage de liszt dans la façon dont le compositeur a structuré son poème. est un fin connaisseur de ce répertoire. Son enregistrement chez Naxos de cette même pièce a d’ailleurs été largement plébiscité. Le public a affaire à un véritable conteur avec qui les atmosphères sont installées d’emblée. Les musiciens liégeois suivent de manière absolutiste et inspirée la baguette du chef Polonais et se surpassent dans la section médiane de l’œuvre, où les solistes de vents de l’orchestre se livrent à un séduisant jeu de questions et réponses.

Sous les doigts de Jean Frédéric Neuburger, le concerto n°1de Liszt nous laisse une impression mitigée par les contradictions portées par le soliste et l’orchestre qui l’accompagne. Les premiers accords sont amenés de manière fracassante, mais entachés par quelques notes « hors partition ». L’on passe rapidement au delà de cette réserve, bluffés par la maturité de l’interprétation de ce pianiste de vingt-cinq ans. On pourrait en effet, en écoute à l’aveugle, croire entendre un interprète rompu à ce type d’exercice. Mais, au-delà de ce talent technique et narratif, le soliste et le chef d’orchestre perturbent l’auditeur en multipliant des politesses inutiles. La tension de ce concerto est en effet régulièrement mise à mal par les larges respirations suggérées par l’orchestre qui attend patiemment l’entrée du soliste. On retiendra également une dualité déconcertante entre les solos lyriques du pianiste, d’une émotion sublime, et les passages tempétueux dans lesquels la sonorité du soliste manque parfois d’éclat.

Le Concerto n°2 trouve en Neuburger un interprète plus convaincant. La sonorité y est brillante sur l’intégralité de la partition. Le soliste apporte également une tension habilement entretenue jusqu’au final. insuffle les mêmes qualités à l’orchestre au niveau de l’émotion. Nous avons simplement été surpris de certaines interventions du pupitre de percussions, duquel on pouvait attendre davantage de subtilité, et ce tout spécialement au niveau du jeu de cymbales. Le public enthousiaste a su reconnaître en Jean Frédéric Neuburger un interprète intéressant dont la virtuosité laisse également transparaître un grand potentiel lyrique.

Enfin, l’orchestre clôturait ce concert avec Tasso, Lamento e Trionfo. Antoni Wit y travaille de belles couleurs orchestrales, développe habilement et distinctement différents plans sonores par son travail des dynamiques. Il évite l’écueil d’une saturation sonore dans les pages plus tourmentées sollicitant les percussions. Il achève d’emporter notre adhésion par la sobriété avec laquelle il aborde cette pièce. Par une absence d’effets gratuits, des tempi non précipités et donc parfaitement maîtrisés, le chef d’orchestre se révèle être un interprète estimable.

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Liège. Salle philharmonique. 08-XII-2011. Mieczysław Karłowicz (1876-1909) : Stanisław et Anna Oswiecim, poème symphonique op.12. Franz Liszt (1811-1886): Concerto pour piano et orchestre n°1; Concerto pour piano et orchestre n°2 ; Tasso, Lamento e Trionfo, poème symphonique. Jean Frédéric Neuburger: piano. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Antoni Wit

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