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J’écris ce qui me chante. Francis Poulenc. Textes et entretiens réunis, présentés et annotés par Nicolas Southon. Librairie Arthème Fayard. ISBN : 978-2-213-63670-2. 980 pages. Dépôt légal : octobre 2011. Prix : 32 €.

 

La maison Fayard avait déjà publié en 1994 la volumineuse Correspondance de , sous la houlette de Myriam Chimènes. C’est au tour de nombreux textes ayant traits à la vie musicale et artistique que le compositeur français commit pour différents journaux, mais aussi des entretiens qu’il accorda, de faire l’objet d’une publication. Tous ces textes sont réunis, présentés et annotés par , un travail de longue haleine étant donné le nombre de sources et la période concernée, des années 1920 aux années 1960. Le musicologue a joint à ces écrits la réédition de trois livres de Poulenc devenus introuvables (Chabrier, Entretiens avec Claude Rostand et Moi et mes amis).

À travers ces différents textes de Poulenc, que a rassemblé sous des grandes catégories (articles de presse ou parus dans des revues, critiques et comptes-rendus, contributions à des ouvrages, hommages, réponses à des enquêtes, conférences, entretiens), on retrouve l’humour, la légèreté qu’on décèle dans sa musique. L’homme est cultivé et curieux de tout (il évoque également la danse, la peinture, et bien sûr la littérature, s’intéresse aux médias, aux industries culturelles), brillant, a le sens de la formule, de l’anecdote, une ouverture d’esprit, le sens de l’autodérision. De nombreux aspects du compositeur ont beau être bien connus, on (re)découvre avec plaisir l’éclectisme de ses goûts musicaux, Chabrier, le Groupe des Six naturellement, Debussy, Satie, Stravinsky, Prokofiev… mais aussi son intérêt pour la Seconde Ecole de Vienne, surtout Berg, pour Boulez, Messiaen, Dallapiccola… ou pour la chanson (mais pas le jazz). De grandes lignes se détachent : un intérêt pour la jeunesse en général, de l’admiration (qui ne signifie pas forcément adhésion) pour les novateurs, un certain mépris pour ceux qu’il appelle les « suiveurs ».

Même si tout n’est pas du même intérêt, on trouve au fil des pages quantité d’articles amusants sur la forme et/ou alléchants sur le fond. À côté des appréciations sur sa propre musique et sur celle de ses contemporains, notamment des avis surprenants concernant des œuvres (une symphonie de Clémenti, le versant lyrique de Milhaud…) et des compositeurs (Henri Sauguet, Georges Auric, Igor Markevitch…), bien oubliés aujourd’hui, on tombe sur des recettes de cuisine prodiguées à une journaliste lui demandant un article sur la musique ou sur ses réponses à une grande enquête menée par Raymond Queneau en 1956!

La découverte de ces différents écrits (agrémentés d’un appareil critique bien documenté) nous renseigne par ailleurs, au-delà même de , sur le foisonnement de la vie culturelle en France dans la première moitié du XXe siècle.
Une lecture fort plaisante et à l’évidence un compositeur écrivain à l’égal des Berlioz, Debussy, Boulez.

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J’écris ce qui me chante. Francis Poulenc. Textes et entretiens réunis, présentés et annotés par Nicolas Southon. Librairie Arthème Fayard. ISBN : 978-2-213-63670-2. 980 pages. Dépôt légal : octobre 2011. Prix : 32 €.

 
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