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Catherine Zimmer recrée l’opéra baroque au clavecin

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Claude-Bénigne Balbastre (1724-1799) : Airs d’opéras de Jean-Philippe Rameau accommodés pour le clavecin. Joseph-Nicolas-Pancrace Royer (1705-1755) : Trois pièces du premier livre de pièces pour clavecin (1746). Catherine Zimmer, clavecin Martine Argellies d’après Goujon. 1 CD L’encelade ECL 1001. Code barre 3760061142596. Enregistré du 1 au 3 novembre 2010 en l’église de Lévis Saint Nom (Yvelines). Durée totale 76’

 

Voilà un enregistrement qui en décomplexera plus d’un en matière de transcription musicale. De nos jours, on a tendance à trouver cette opération suspecte, capable de dénaturer l’original. Pourtant certains instruments, en particulier ceux à claviers s’y prêtent aisément, et même avec bonheur. L’histoire de la musique est parsemée d’exemples de ce type, depuis les polyphonies de la renaissance, jusqu’aux pièces les plus contemporaines. On en comprend aisément l’intérêt, réduisant à un seul instrument polyphonique toute une pléiade de chanteurs et instrumentistes divers, permettant avec grande économie de faire entendre tout un opéra, parfois dans un espace assez réduit.

Divers claviéristes au XVIII° siècle vont s’adonner sans limites à cette pratique. Jean-Henry d’Anglebert, pour ne citer que l’un des plus grands, et à sa suite le talentueux Balbastre, organiste flamboyant de l’église Saint-Roch à Paris, mais aussi de la cathédrale Notre-Dame. Ce dernier connaitra, grâce à ces postes et son implication au Concert spirituel un vif succès. Soucieux de faire connaître la musique de ses amis compositeurs, dont Rameau natif comme lui de Dijon, Balbastre va réunir diverses adaptations en une quarantaine de pièces regroupant également des œuvres d’autres contemporains. Le travail de Balbastre est remarquable, respectant bien le texte original, et proposant des réductions savamment réalisées. Inventeur quelque part du concert moderne, y compris à l’orgue, Balbastre ouvre la porte à un monde nouveau, bientôt bouleversé par la révolution française. Dernier maitre de musique de Marie-Antoinette, il n’hésita pas à prendre le pas du vent nouveau en composant de célèbres variations sur la Marseillaise et le « ça ira ».
aborde ce répertoire avec beaucoup de conviction, et nous plonge d’emblée dans cet univers magique du petit opéra de poche. Le jeu est à la fois clair et profond, soutenu par les couleurs d’un magnifique clavecin français, copie de Goujon, réalisé par Martine Argellies, facteur de clavecin installée à Montpellier. Nous entendons là un remarquable spécimen, digne des plus beaux, coloré et fruité à souhait. La prise de son très fouillée, analyse les moindres subtilités du texte, de l’instrument, et du toucher de la claveciniste.

Voici une très belle approche de ce monde si particulier d’une époque étrange, semblant bien s’accrocher à son temps et préfigurant pourtant grandement l’avenir, par l’écriture assez avant-gardiste de Rameau.
En complément de programme, nous offre trois pièces de , lui aussi célèbre musicien, ici présenté dans ses propres transcriptions, tirées de ses propres opéras. La démarche est ici quelque peu différente, l’auteur prenant d’avantage de libertés entre l’original et sa réduction au clavier. Ce disque nous montre d’étranges pratiques, où la musique revisitée et présentée autrement, en sort belle et assurément parée d’autres atours.

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Claude-Bénigne Balbastre (1724-1799) : Airs d’opéras de Jean-Philippe Rameau accommodés pour le clavecin. Joseph-Nicolas-Pancrace Royer (1705-1755) : Trois pièces du premier livre de pièces pour clavecin (1746). Catherine Zimmer, clavecin Martine Argellies d’après Goujon. 1 CD L’encelade ECL 1001. Code barre 3760061142596. Enregistré du 1 au 3 novembre 2010 en l’église de Lévis Saint Nom (Yvelines). Durée totale 76’

 
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