Éditos

Debussy, Massenet, et ?

 

2012 année Debussy. Et ce n’est qu’un début puisqu’en 2018 nous fêterons le centenaire de son décès et qu’à partir de 2014 commenceront les célébrations de la Grande Guerre, à laquelle « Claude de France » participa par des œuvres cocardières (c’était de saison) dont certaines (Noël des enfants qui n’ont plus de maison) carrément anti-allemandes.

2012 est aussi l’année Massenet. Moins fêté car l’offre de spectacles se raréfiant, il n’y a pas de place pour tout le monde. Et l’œuvre de Massenet a nettement moins bénéficié d’éditions critiques par rapport à Debussy pour diverses raisons plus ou moins avouables. Pourtant le second rêvait d’être l’élève du premier…

Mais fête-t-on dignement ces deux compositeurs français majeurs ? Regardons les saisons des opéras, pour se limiter aux simples productions scéniques… Pour Debussy, il n’y en a qu’un, enfin le croit-on. Quelle scène propose Pelléas ? Paris, à Bastille, dans la mise en scène de Robert Wilson – qui sera au même moment, en mars, à Montpellier pour Einstein on the Beach. Aucune scène de province n’a programmé en 2012 cet opéra révolutionnaire. Certes, Pelléas et Mélisande est souvent donné, point besoin de célébrations, mais tout de même, ce titre sera à l’affiche à Saint-Pétersbourg, Barcelone, Bergen, Helsinki ou Amsterdam. Rien à Rouen, Toulouse, Lyon ou Dijon… Pas même la version condensée de Peter Brook Impressions de Pelléas. et Ne parlons pas des deux petites scènes lyriques d’après Edgar Allan Poe (Le Diable dans le beffroi et La Chute de la maison Usher) représentées uniquement par l’Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris, ni de l’hybride Martyre de Saint Sébastien ou du contestable Rodrigue et Chimène (orchestré dans les  années 90 par Edison Denisov), absents de toute scène.

Quant à Massenet… Mis à part une Navarraise à Monaco et un fort logique Cid à Valence, nous retrouvons le tiercé gagnant : Manon, Werther et Thaïs. Seule exception, Cléopâtre en version de concert à Salzbourg pour la Pentecôte. Les principales scènes de création du vivant du compositeur (Bruxelles, Monaco, Paris) ni sa ville natale (Saint-Etienne) ne rivalisent d’originalité, voire d’efforts.

Certes, la crise, cette vilaine fille, est partout. Mais nous constatons une fois encore qu’elle n’est que le cache-misère d’un manque flagrant d’audace et d’originalité de nos décideurs musicaux actuels. Debussy et Massenet sont autant fêtés en 2012 qu’ils ne l’ont été en 2011 et qu’ils le seront en 2013. Ah non, 2013 ce sera Verdi / Wagner. Gageons qu’il y aura tout autant de Rigoletto et Tristan und Isolde qu’en 2012 et que Aroldo ou Rienzi seront tout autant ignorés.

 

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