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Les sonates pour violon de Charles Ives

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Charles Ives (1874-1956) : Sonates pour violon n° 1, n° 2, n° 3 et n° 4 « Children’s day at the camp meeting ». Hilary Hahn, violon ; Valentina Lisitsa, piano. 1 CD Deutsche Grammophon 00289 477 9435. Enregistré au Clubhouse de Rhinebeck. Notice : anglais, français, allemand. Durée : 66’26’’

 

Sans compter parmi les œuvres les plus originales de , les Sonates pour violon et piano portent la marque de ce caractère bizarre. Le principe de liberté rythmique et mélodique établi par Brahms dans ses sonates est ici poussé à bout, souvent de manière déroutante. De nombreuses citations de cantiques et de chansons du folklore américain viennent s’agréger au matériau original pour le rendre encore plus complexe. Toutefois, la quatrième Sonate adopte une expression plus simple, car Ives la destinait à son neveu, âgé de onze ans à l’époque. Comme d’autres œuvres du compositeur (en particulier la Symphonie n° 3), elle peint avec une malicieuse tendresse les camp meetings, rassemblements religieux en plein air, de son enfance.

Pour cette nouvelle version d’un corpus qui a déjà été enregistré à plusieurs reprises, Deutsche Grammophon a fait le choix de deux solistes prestigieuses. La finesse et l’élégance du jeu de ne sont plus source d’étonnement, mais le présent témoignage démontre un talent spécial pour exprimer la nostalgie particulière qui colore ces pages. Elle donne à entendre la pudeur des mouvements lents, aussi bien que l’enjouement des passages rapides, comme, par exemple dans le dernier mouvement de la seconde Sonate, intitulé justement « The Revival ». La palette utilisée par semble en comparaison plus restreinte, et le jeu sonne plus scolaire, même si très accompli. Cependant c’est la parfaite construction du discours qui demeure le plus admirable dans cette interprétation. Les moindres mouvements d’humeurs, détaillés par de très nombreuses indications du compositeur, sont mis en relief, et pourtant, l’impression de cohérence domine par delà les cassures de ton. Pareillement, la retenue avec laquelle les accents de fiddle américain et les passages ludiques sont rendus pourrait être jugée excessive, mais elle contribue à un équilibre de l’expressivité qui donne à ces partitions une lumineuse évidence.

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Charles Ives (1874-1956) : Sonates pour violon n° 1, n° 2, n° 3 et n° 4 « Children’s day at the camp meeting ». Hilary Hahn, violon ; Valentina Lisitsa, piano. 1 CD Deutsche Grammophon 00289 477 9435. Enregistré au Clubhouse de Rhinebeck. Notice : anglais, français, allemand. Durée : 66’26’’

 
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