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Robin Ticciati n’a pas peur de Berlioz

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Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op.14 ; Béatrice et Bénédict, ouverture. Scottish Chamber Orchestra, direction : Robin Ticciati. 1 CD Linn. Référence : CKD 400. Enregistré 2011. Notice de présentation en : anglais. Durée : 63’12. l

 

Le très jeune chef d’orchestre anglais  (né en 1983) avait déjà été remarqué par deux premiers disques étonnants pour le label suisse Tudor. Fuyant les pièces de parade et les grosses machines symphoniques, il nous offrit deux superbes albums du Brahms automnal et méditatif des pièces chorales et les Variations et des sérénades (Clef ResMusica). À la tête de son orchestre de chambre d’Ecosse, dont il assure la direction musicale, il se lance à l’assaut de la Symphonie fantastique.

De Colin Davis à Simon Rattle en passant par John Eliot  Gardiner, Roger Norrington ou Thomas Beecham, les chefs d’orchestres anglais ont toujours voué une sincère admiration à la Symphonie fantastique d’. Mais cette partition révolutionnaire n’en reste pas moins un sacré monument à gravir et nombreux furent les chefs, et non des moindres, à se fourvoyer dans des non-sens musicaux. On peut citer ainsi : Abbado (DGG), Muti (EMI), Barenboïm (DGG, Sony ou Teldec), Conlon (Erato), Bychkov (Philips), Eschenbach (Naïve), Karajan (DGG), Mehta (Decca et Teldec), Inbal (Denon). Dans ce cadre, l’exploit du jeune chef n’est pas mince.

En effet, Ticciati synthétise l’approche « authentique » avec une mise en avant de la radicalité instrumentale de Berlioz. À la tête d’un effectif réduit (10 premiers violons), le musicien limite le vibrato et fait jouer assez sec. Il impose une lecture conquérante et romantique. Les tempi sont vifs et les dynamiques sont marquées. Les détails sont très lisibles et particulièrement soignés. Le chef commet un parcours musical parfait dans sa compréhension des différents épisodes. On retrouve le même enthousiasme dans l’ouverture de Béatrice et Bénédict proposée en complément.

Ce disque, musicalement intelligent et techniquement parfait, s’impose, sans contestation, comme l’une des plus belles lectures récentes de la Symphonie fantastique. Seul François-Xavier Roth et ses Siècles (Actes Sud) peuvent approcher un tel engagement musical.

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Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op.14 ; Béatrice et Bénédict, ouverture. Scottish Chamber Orchestra, direction : Robin Ticciati. 1 CD Linn. Référence : CKD 400. Enregistré 2011. Notice de présentation en : anglais. Durée : 63’12. l

 
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