Éditos

Plaidoyer pour la Philharmonie de Paris

 

Oui, la Philharmonie de Paris doit naître ! Le doute même quant à son existence ne doit pas se poser. Prévue pour septembre 2012 – aujourd’hui donc – l’ouverture de cette future grande salle se fera, si tout va bien, en 2014. Après treize mois de fermeture du chantier (février 2010 – mars 2011), aucun retard ne peut être pris.

Mais pourquoi une salle de plus ? D’autant qu’en 2014 un autre auditorium (prévu à l’origine pour 2013) ouvrira à Radio France. Entre Pleyel, le Théâtre des Champs-Elysées, le Châtelet et Gaveau, Paris possède déjà plus de 6 000 sièges consacrées à la musique symphonique. Aura-t-on le public nécessaire pour garnir les 2 400 supplémentaires de la Philharmonie ? Il suffit de le vouloir.

Chaque année les Cassandres pleurent l’absence d’orchestres français parmi les phalanges de haut niveau. Berlin, Vienne, Londres, Amsterdam, Prague, Munich, Hambourg, Zurich, Lucerne, Budapest ou Saint-Pétersbourg sont les villes les plus fréquemment citées parmi les grandes villes européennes hébergeant un orchestre de stature internationale. Les langues les plus perfides vont jusqu’à citer comme meilleurs « orchestre français » l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et l’Orchestre de la Suisse romande. Si un orchestre veut émerger, il lui faut un lieu propre et fonctionnel qui lui est dédié. L’Orchestre de Paris, qui connaît un nouveau départ depuis le renouvellement de son équipe dirigeante, ne pourra jamais se hisser dans le « top five » des orchestre européens s’il ne possède pas « sa » salle. Pleyel, avec ses coulisses réduites, l’absence de salle de répétition, de faibles volumes de dégagement et sa très grande distance entre la scène et les fonds de gradins n’est pas adapté pour héberger à l’année un orchestre.

Pourquoi la Philharmonie de Paris ? Pour dégager le centre et l’ouest de Paris, qui centralisent les actuelles salles. Les conceptions de l’Opéra-Bastille, de la Cité de la Musique et du CNSM dans les années 80/90 répondaient aussi à cette exigence. Mais il ne faut pas répéter avec la Philharmonie ce que font Pleyel, le TCE, le Châtelet, etc. La Philharmonie doit être le laboratoire d’un renouveau. Renouveau du répertoire, pour sortir de la trilogie des intégrales Beethoven / Mahler /Brahms, renouveau de l’organisation, pour sortir du carcan ouverture / concerto / symphonie qui commence à 20h pour finir à 23h, renouveau de l’approche du public, avec la pédagogie – au delà de l’école – au centre des préoccupations et non plus en activité annexe.

Alors oui, Paris a besoin de sa Philharmonie. Sauf si c’est pour avoir Pleyel, Châtelet, TCE, etc. en plus grand.

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