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Jurowski revisite Tchaïkovski

À emporter, CD, Musique symphonique

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur, Op.36 et Symphonie n°5 en mi mineur, Op.64. London Philharmonic Orchestra, direction : Vladimir Jurowski. 2 CD LPO. Référence : LPO 0064. Enregistré en 2011. Notice de présentation en : anglais. Durée : 1h25’23

 

On l’a souvent noté dans ces colonnes, est l’un des chefs les plus attrayants du moment par ses choix de répertoire et par ses options interprétatives, parfois radicales, mais toujours intéressantes. Ce nouveau volume d’une intégrale des Symphonies de Tchaïkovski n’échappe pas à cette approche volontairement radicale et anti-démagogique de deux des Symphonies les plus célèbres du compositeur russe. Le disque est d’autant plus stimulant, qu’en matière de Tchaïkovski, on en restait à une succession de galettes très décevantes   partagées entre la prolongation d’une tradition interprétative engoncée dans une vision d’un Tchaïkovski « artiste du peuple » ou le côté sage et timoré de jeunes chefs plus ou moins doués…

Jurowski impose un Tchaïkovski très intellectuel et sec. Les cordes, en petit effectif, jouent avec un vibrato limité au maximum. Dès lors, les envolées lyriques sonnent avec verdeur mais avec un sens du drame plus intense, d’autant plus que le chef est très attentif aux transitions et à l’équilibre entre les pupitres.  L’impact vient ici du choc nerveux que le chef réserve aux contrastes de la Symphonie n°4 traversée par de véritables orages dont les éclairs claquent.  La Symphonie n°5 devient une marche à la logique implacable. Le London Philharmonic n’a jamais été la phalange la plus phonogénique de la scène orchestrale mondiale, mais sa flexibilité et sa concentration maximales sont au service de ces lectures inattendues et rafraichissantes.

Dès lors, on tient un double album qui s’impose sans peine sur la première marche des interprétations contemporaines. On est loin, très loin, des galettes navrantes de Tugan Sokhiev (Naïve) ou Andris Nelson, curieusement éteint (Orfeo).

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