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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur KV 365 ; concerto pour trois pianos et orchestre en fa majeur KV 242. Tatiana Nikolayeva, Eliso Virsaladze, Nikolai Luganski, pianos ; The Lituanian Chamber Orchestra, Saulius Sondeckis, direction. 1 CD Melodiya MEL 10 01984. Code barres : 4600317119844. Enregistré le 7 février 1986 au Grand Hall du Conservatoire de Moscou. Livret en anglais et en cyrillique sans intérêt. Durée totale : 50’25

 

Depuis la vague récente de rééditions du label russe Melodiya, on a connu de véritables pépites les Rojdestvensky dans Schumann ou Sibelius par exemple, ou encore Weinberg accompagnant les Borodine dans son quintette ; le nom de aurait amplement suffi à la vente de cette nouvelle sortie des concertos pour deux et trois claviers de Mozart. Seulement voilà, dans ce cas bien précis, il s’avère que la pépite a subi une transformation chimique qui en a modifié la valeur initiale.

On peut dans un premier temps être tout simplement plus ou moins gêné les bruits émanant de la salle, s’agissant d’enregistrements publics. On les aurait d’ailleurs facilement oubliés si la qualité artistique avait été hors normes. Seulement, la discographie générale étant ce qu’elle est, on ne pourra pas s’attarder bien longtemps sur ces deux versions des concertos à plusieurs pianos de Mozart. Globalement, le concerto pour trois pianos KV 242 souffre d’un orchestre très carré qui ne s’embarrasse pas de subtilités. Dans l’Adagio, on entendra par deux fois un manque de justesse flagrant aux cors (dès 0’18, puis à 1’25), détruisant de ce fait le plaisir de l’écoute et amenant une tension pour tout le reste de l’enregistrement qui n’était pas vraiment nécessaire. L’ensemble de ce second mouvement restera d’ailleurs assez pesant, la lourdeur et la lenteur faisant perdre les finesses des échanges entre les instruments. La prise de son y est certainement pour quelque chose qui fait que les cordes sont en permanence au premier plan au détriment de la petite harmonie. Ainsi, à 2’17 de la même partie, la note tenue au bois reste très en arrière et n’est pas compensée par le rebond nécessaire des cordes à ce moment-là. Le rondeau final ce jour sur un rythme de menuet davantage gourmé que gourmet, plus dansé par de vieilles comtesses de cour que d’ élégantes de salon. Le rapport entre les trois solistes est un rapport « égalitaire » qui fait que l’on entend davantage un immense clavier de piano de 264 touches jouées par huit mains que trois pianos différents. Une curiosité cependant : la présence de – élève de Nikolayeva – au troisième piano (certainement) qui, eu égard à la date de captation, devait avoir 14 ans !

Le concerto pour deux pianos demeure le plus intéressant les deux, mais conserve les mêmes défauts : une nette prédominance des cordes en tutti d’orchestre, une mise en avant trop prononcée des deux solistes, dont le duo fonctionne pourtant bien mais ne peut se départir d’un pianisme toujours assez massif (les cadences !), sans conflits suivant une direction et une intention presque obstinément unidirectionnelle : peu d’échanges, peu de réponses. Durant l’andante, le hautbois ne ressort pas beaucoup, les accents d’orchestre sont un peu pesants et la couleur générale plutôt uniforme. Une bonne énergie globale sur le premier mouvement est entachée par un « démarrage en côte » laborieux de l’orchestre pour le finale.

En conclusion, comme la plupart des enregistrements russes pour ce compositeur, mais également pour tous ces compatriotes autrichiens de cette période (le second sur la liste étant évidemment Schubert), on est très très éloignés de l’esprit viennois qui doit régner sur ces œuvres. Une curiosité pas essentielle que l’on peut facilement oublier, mais qu’il est toutefois utile d’avoir au moins une fois entendue.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur KV 365 ; concerto pour trois pianos et orchestre en fa majeur KV 242. Tatiana Nikolayeva, Eliso Virsaladze, Nikolai Luganski, pianos ; The Lituanian Chamber Orchestra, Saulius Sondeckis, direction. 1 CD Melodiya MEL 10 01984. Code barres : 4600317119844. Enregistré le 7 février 1986 au Grand Hall du Conservatoire de Moscou. Livret en anglais et en cyrillique sans intérêt. Durée totale : 50’25

 
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