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La musique aux Expositions universelles

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Musique, images, instruments numéro 13 : La musique aux Expositions universelles : entre industries et cultures, Florence Gétreau (rédacteur en chef), Paris, Institut de Recherche sur le Patrimoine musical en France, CNRS, dépôt légal : septembre 2012, 243 pages, ISBN-10 : 2271075351, ISBN-13 : 978-2271075352

 

La musique aux Expositions universelles : Vaste thème. Au siècle de l’expansion industrielle, les expositions universelles étaient des lieux par excellence où on faisait montre de « technologie de pointe ». Avec des enjeu fortement politiques, on mesurait ainsi la puissance du pays concerné. A l’instar d’autres activités humaines qui y étaient « exposées », la musique participait à ce jeu, par la présentation des innovations techniques instrumentales, par l’organisation de concerts dans des lieux « modernes » ou par la démonstration de diversités régionales ― mélodiques, rythmiques ou autres.

Le 13e numéro de Musique, images, instruments, revue consacrée à l’iconographie et l’organologie musicale de l’Occident moderne, réunit six contributions sur ce thème, concentrées sur la période allant de 1855 (première Exposition universelle à Londres) à 1900 (Paris). Dans ce numéro, seul le texte de Marie Duchêne aborde une autre période en traitant de la participation allemande à l’exposition parisienne de 1937.

Si les rapports sur les instruments de musique, qui offraient les arguments de récompense aux divers prix, forgeait le goût sonore de l’époque (étude de Joël-Marie Fauquet), l’innovation du piano Pleyel a été fortement influencée par deux personnalités : Auguste Wolff et Gustave Lyon (texte de Giovanni Paolo Di Stefano). A côté de ces mouvements qui vont d’un petit nombre de personnes à un public plus ou moins large, il existait des mouvements contraires, comme l’impact des « musiques pittoresques » sur la création de l’ethnographie musicale (Jean-François Chassaing), exemple de contexte collectif servant d’étude de spécialistes.

Malou Haine brosse la situation du paysage russe dans la vie musicale française et belge en examinant l’évolution de son acceptation aux fils des années ; Jann Pasler propose, en terme de « race et nation », un panorama de musiques exotiques qui ont servi à des réflexions sur l’identité nationale, mais aussi sur la conscience de l’« authenticité ».
Comme chaque numéro, la revue abonde d’illustrations qui nous aident efficacement à comprendre les propos érudits. Ces illustrations sont avant tout très agréables à regarder, grâce à l’impression de grande qualité. Une revue qui apprend beaucoup sur le bouleversement du monde musical aux premières heures de la mondialisation.

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