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Les sonates en trio de Bach par Domenico Severin

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Les six sonates en trio pour orgue BWV 525 à 530. Domenico Severin à l’orgue Francesco Zanin (2006) de l’Institut Don Mazza de Padova (Italie). 1 CD Appassionata AP 004201204. Code barre 3760226920021. Enregistré en avril 2012. Livret français/italien. Durée totale 77’.

 

La musique de Bach offre à jamais à tout interprète des ressources insoupçonnées. La discographie des sonates en trio pour orgue est riche en versions très diverses, par de grands organistes, rompus à leurs redoutables difficultés. Chacun y apporte sa pierre au-delà de ses idées personnelles, du choix de l’instrument, ou d’une approche stylistique plus ou moins affirmée.

Avec ce disque, nous abordons ce cycle parfait des six sonates avec une vision toute particulière, celle de l’Italie. Cela paraitra logique par le choix même de l’orgue et de l’artiste. Au départ, Bach a conçu ces œuvres comme des études pour l’orgue, écrites pour son fils ainé Wilhelm Friedmann. On pense même qu’elle furent destinées au clavecin pédalier, assez répandu en Allemagne à cette époque, ce qui permettait d’étudier la technique du pédalier à la maison, en évitant le froid des églises en hiver, et la présence indispensable d’un souffleur.

Depuis quelques temps, et grâce entre autre au disque, nous avons découvert les orgues de Francesco Zanin, dans divers styles, avec un véritable intérêt. Ce facteur d’orgue, sans doute très à la mode, fait partie de ce peloton de tête, capable d’édifier des instruments de grande classe, mais surtout d’œuvrer en ce XXI° siècle pour l’évolution de l’orgue en général.

On le voit bien, les créateurs d’orgue disposent aujourd’hui d’une somme de connaissances immense, fruit de plusieurs siècles de facture, mais surtout d’un grand courant initié en Europe depuis plus de cinquante ans maintenant. Les instruments du passé inspirent énormément les projets, pour aboutir très souvent à de véritables réussites. Tout ce savoir s’est affiné, condensé, et concrétisé dans de nombreuses réalisations qui forcent l’admiration.

Ici Francesco Zanin, sur un projet de Maurizio Cavagnini, s’est largement inspiré des orgues baroques allemand, en une synthèse très réussie entre les courants du Nord d’Arp Schnitger, et les courants plus méridionaux de Gottfried Silbermann. Nous avons là un orgue de taille moyenne à deux claviers et pédalier, conforme à un certain idéal sonore pour l’interprétation des six sonates.

, organiste de la cathédrale de Meaux, ne s’y est pas trompé : le résultat est à la hauteur de l’attente. Il aborde ces pièces avec maitrise, fougue et conviction. Dès le premier mouvement de la sonate en mi bémol, à caractère pré mozartien, nous sommes entrainés dans une jubilation permanente. Chaque mouvement amène son climat avec sa nouvelle registration, colorée, j’allais dire orchestrale. Ces orgues permettent en effet d’autres recherches sonores tirées de l’orchestre baroque, distantes de la seule proposition habituelle du montre-prestant-doublette qui alimente la plupart des mouvements rapides.

Le discours est relancé sans arrêt. On attend avec enthousiasme l’arrivée du deuxième thème, tout s’enroule à souhait, comme par exemple dans le final de la deuxième sonate en ut mineur. La vision italienne est bien là avec sa finesse, et son style concertant. Chaque sonate devient un concerto en soi. Mais la musique de Bach ne s’arrête pas là, ce serait la réduire quelque peu. Par-dessous, on ressent la foi luthérienne de Bach, avec ses climats de chorals et de passions. Par exemple, dans certains mouvements lents, notamment dans les cinquièmes et sixièmes sonates, l’ambiance de la Saint-Matthieu n’est pas bien loin.

On appréciera également la prise de son à son juste équilibre, pour les trois voix, se répartissant entre le positif de dos, le grand orgue et le pédalier. Chaque plan est très présent, à égalité. C’est la proposition musicale idéale du « Tout le monde devant » !

La discographie des sonates en trio de Bach s’enrichit ici d’une version de premier rang.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Les six sonates en trio pour orgue BWV 525 à 530. Domenico Severin à l’orgue Francesco Zanin (2006) de l’Institut Don Mazza de Padova (Italie). 1 CD Appassionata AP 004201204. Code barre 3760226920021. Enregistré en avril 2012. Livret français/italien. Durée totale 77’.

 
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