Éditos

Au croisement des chemins : de Berlin à Nantes

 

La nouvelle a fait l’effet d’un tremblement de terre dans le landerneau musical : Sir quittera, en 2018, la direction de l’Orchestre philharmonique de Berlin, en 2018. Si les tensions semblaient s’accumuler sur la Philharmonie de Berlin et son chef, personne n’aurait pu penser à une telle annonce, surtout à cinq ans de l’échéance.

L’addition du talent du chef anglais et des musiciens allemands aura connu des hauts et des bas, d’autant plus que le cœur de répertoire de Rattle (la musique moderne et contemporaine et les répertoires périphériques), n’est foncièrement pas celle de l’orchestre allemand adepte du  répertoire germanique traditionnel. Berlin et Rattle s’y trouvent concurrencés  et souvent distancés par les tandems Chailly-Leipzig, Jansons-Radio Bavaroise et parfois Thielemann-Dresde, en ce qui concerne Bruckner. Mais, Rattle aura également dû composer avec des décisions hasardeuses dans lesquelles il n’avait pas son mot à dire : le départ du festival de Pâques de Salzbourg et son implantation dans la soporifique ville thermale de Baden-Baden.

Pourtant, Sir Simon a certainement tué le job pour des années : en ouvrant le répertoire de l’orchestre à une multitude de compositeurs, en faisant éclater les barrières entre les genres, en développant les programmes pédagogiques, le chef a fait date dans l’évolution de la fonction de directeur musical, la faisant entrer de plain-pied dans le XXIe siècle.

Il est bien évidement trop tôt pour faire des pronostics mais la « lutte » pour lui succéder opposera les chefs d’expériences, plus ou moins starisés (Barenboïm ou Thielemann) à des jeunes pousses  charismatiques (Dudamel, Nelsons, Jurowski)… Sir Simon est encore à la tête des Berlinois pendant 5 ans, il faut bien évidement en profiter et le suivre dans ses explorations musicales : de Rameau à Lutoslawski en passant par Britten et Beethoven.  Dans un contexte où le jeunisme forcené est devenu le dénominateur commun des grands orchestres à la recherche d’un nouveau souffle fougueux et énergique – à des coûts réduits car l’élément financier n’est pas à négliger (de Los Angeles à Zurich en passant par Houston, les dernières nominations font la fête aux trentenaires), il sera intéressant d’observer comment se positionnera l’orchestre star du monde du classique.

L’actualité française de ce début d’année a été marquée par la nomination de à la tête de l’Orchestre national des Pays de La Loire. On ne peut que se réjouir de voir enfin  un chef français de talent à la carrière internationale prendre la direction d’une importante phalange française. Cette désignation prend place dans une sorte de « printemps des orchestres français » ou l’on se plait à voir les ensembles hexagonaux confiés à des baguettes de haut vol : Leonard Slatkin à Lyon, Paul Daniel à Bordeaux et désormais à Nantes et Angers.

Ce mois de février est également celui des International Classical Music Awards dont la liste des lauréats vient d’être rendue publique. Nous vous donnons rendez-vous, à Milan, le 18 mars prochain, pour la cérémonie et le concert de gala. L’orchestre LaVerdi de Milan sera dirigé par John Axelrod.

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