Lyon : Bel anniversaire des Tallis Scholars

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Lyon. Chapelle de La Trinité. 17-II-2013. 30ème Festival de Musique Baroque de Lyon. Thomas Tallis (1510-1585) : Loquebantur variis linguis ; Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594) : Missa Papae Marcelli ; Gregorio Allegri (1582-1652) : Miserere ; Arvo Pärt (né en 1935) : Magnificat ; Josquin Desprez (?-1521) : Absalon fili mi ; Ave Maria ; William Byrd (1543-1623) : Laudibus in sanctis. The Tallis Scholars, direction : Peter Phillips.

Il y a 40 ans, en 1973, naissait à l’initiative d’un jeune chef britannique : . Très vite, cet ensemble s’impose dans le répertoire de la musique sacrée de la Renaissance. La remarquable qualité vocale de ses chanteurs qui se succèdent au fil du temps convient particulièrement à la polyphonie spectaculaire des XVIème et XVIIème siècles. Le programme proposé par le Festival de Musique Baroque de Lyon est un classique des Tallis. Un beau bouquet (musical) d’anniversaire.

Le Loquebantur variis linguis de Tallis est un repons sur le plain-chant pour les Première Vêpres de la Pentecôte pour 7 voix. C’est une pièce animée où les chanteurs excellent à s’échanger la musique avec dynamisme. L’homogénéité des timbres permet, malgré tout, d’apprécier celui des sopranos.

La Messe du Pape Marcel de Palestrina, plus simple dans sa composition, est, peut-être à cause de cela, celle qui convient le moins à l’ensemble. Ici, point de spectacle mais presque de l’austérité. Le Kyrie est chanté avec du relief ; les attaques franches mais délicates dans le Gloria sont belles et l’Amen est superbe. En revanche, le Credo est un peu plat, presque scolaire ; le Crucifixus n’est pas assez cruel et le Resurrexit pas assez céleste et heureux.

Le Miserere d’Allegri fait son effet habituel : les contre-uts sont parfaits et les tenues longues et belles. Une pièce emblématique des ensembles anglais et des Tallis Scholars en particulier.

Arrive alors le Magnificat du compositeur estonien . Rien à voir avec les autres pièces du programme. Et pourtant… Voilà une œuvre très difficile à chanter : valeurs longues, frottements fréquents selon sa technique du «tintinnabulisme». Surprise aussi : paroles et musique ne coïncident pas toujours. Un repère cependant, la voix de la soprano autour de laquelle tournent celles du chœur. Mais quelle démonstration nous offrent les Tallis Scholars : les voix, expressives, se croisent, se mêlent, les frottements sont justes (!). De la beauté contemporaine à l’état pur.

Le Laudibus in sanctis de termine le concert. Et là, les Tallis se lâchent ! Ça balance ! « les orgues retentissent… », « les psaltérions chantent… », « les tambours résonnent… ». Le tout avec ces voix anglaises typiques, issues souvent des excellents chœurs d’enfants nombreux en Grande-Bretagne.

Finalement, il ne manquait que le Spem in alium de à ce programme anniversaire. Ce sera pour une autre fois. Car l’une des meilleures versions, sinon la meilleure, de ce motet à 40 voix est bien celle des Tallis Scholars, enregistrée en 1985 chez Gimell, le label discographique qu’a créé, aussi, .

Crédit photographique : Peter Phillips © Jean-Noël Démard

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