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Les Berliner Philharmoniker à Paris

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Paris, 26-II-2013. Salle Pleyel. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°3 ; Henri Dutilleux (né en 1916) : Correspondances ; Robert Schumann (1809-1856) : Symphonie n°3. Mitsuko Uchida, piano ; Barbara Hannigan, soprano.
Paris, 27-II-2013. Salle Pleyel. Henri Dutilleux (né en 1916) : Métaboles ; Witold Lutosławski (1913-1994) : Concerto pour violoncelle ; Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°2. Miklós Perényi, violoncelle.
Orchestre philharmonique de Berlin, direction : Sir Simon Rattle

Salle comble à Pleyel pour la venue, en deux concerts, de l’ où figuraient, outre les chevaux de batailles habituels (Beethoven et Schumann), et , dont on fête le centenaire de la naissance cette année. En filigrane se pointait aussi le souvenir du violoncelliste Mstislav Rostropovitch.

Le copieux concert du premier soir débute par le Concerto n°3 de Beethoven. Ouverture consistante et… décevante. Mitsuko Uchida décortique patiemment la partition, en livre une lecture analytique dans laquelle aucune note ne manque, fait ressortir habilement les plans sonores, mais au delà de cet exercice technique, que reste-t-il ? Orchestre et chef offrent un accompagnement luxueux, parfois trop en retrait. Si l’exécution globale est parfaite, on ressort quelque peu mitigé de cette interprétation quasi chirurgicale. Dans Correspondances de Dutilleux, l’orchestre rend grâce à toute la finesse d’écriture du compositeur. La brillance des cordes, la profondeur des graves, la solennité des cuivres poussent l’oeuvre vers des sonorités quasi post-romantiques. , partenaire régulière au concert de Simon Rattle, interprète avec brio et délicatesse ce cycle de mélodies dédié au couple Rostropovitch / Vichnievskaya. La monumentale Symphonie n°3 de Schumann termine ce premier concert, avec un Philharmonique de Berlin au mieux de sa forme. En refusant de prendre des tempos trop allants, Simon Rattle fait littéralement « respirer » cette musique.

Retour à Dutilleux le lendemain. Métaboles par Berlin, ce n’est plus tout à fait la même oeuvre. Habitués que nous sommes à avoir cette pièce dans l’oreille par des orchestres français, donc avec une certaine clarté du son et une mise en avant des voix intermédiaires, la lecture par Berlin et Rattle est plus massive, harmonique, faisant ressortir les alliages de timbres si caractéristiques. L’exploration du « second XXe siècle » continue avec le Concerto pour violoncelle de , écrit pour Mstislav Rostropovitch. Oeuvre curieuse, abusant de l' »aléatoire contrôlé » cher à son compositeur, qualifiée par Galina Vichnievskaya de « Don Quichotte de la musique », ce concerto prend la forme d’une lutte sans merci du violoncelle contre l’orchestre, et on pourra extrapoler longtemps sur cette signification du seul contre tous, Lutosławski, Rostropovitch et le soliste de la soirée ayant vécu tout ou partie de leurs vies de l’autre coté du « Rideau de fer ». Une chose est sûre, les musiciens berlinois, attentifs à leurs sonorités, manquent de virtuosité et surtout d’inventivité dans les passages improvisés de la partition. Malgré cette réserve toute relative, on ne peut que se réjouir de voir aussi bien défendue cette oeuvre majeure du répertoire post-1945. Enfin Schumann terminait le concert avec la Symphonie n°2, flamboyante, d’une perfection qu’on aimerait entendre plus souvent.

 

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Paris, 26-II-2013. Salle Pleyel. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°3 ; Henri Dutilleux (né en 1916) : Correspondances ; Robert Schumann (1809-1856) : Symphonie n°3. Mitsuko Uchida, piano ; Barbara Hannigan, soprano.
Paris, 27-II-2013. Salle Pleyel. Henri Dutilleux (né en 1916) : Métaboles ; Witold Lutosławski (1913-1994) : Concerto pour violoncelle ; Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°2. Miklós Perényi, violoncelle.
Orchestre philharmonique de Berlin, direction : Sir Simon Rattle

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