À emporter, Audio, Musique symphonique

Splendeurs orchestrales par Philippe Jordan

Plus de détails

Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après midi d’un Faune ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps ; Maurice Ravel (1875-1937) : Boléro. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Philippe Jordan. 1 CD Naïve. Référence : V 5332. Enregistré à Paris en 2012. Notice de présentation en : français et anglais. Durée : 57’00.

 

L’orchestre de l’opéra de Paris s’aventure, sous la baguette de son chef, à l’assaut de trois ballets symphoniques qui font partie intégrante de son répertoire chorégraphique. Venant après une belle, mais peu déterminante Symphonie Alpestre de Richard Strauss, ce disque, un peu fourre-tout, est avant tout une belle carte de visite pour cet orchestre considéré, à juste titre, comme l’élite des orchestres hexagonaux.

Ce qui séduit, tout, au long de ce disque, c’est la plastique et la précision de cette phalange parisienne. La pâte sonore est extrêmement séduisante par sa luxuriance dans sa restitution d’un prisme des couleurs.  La sonorité d’ensemble est encore « française » par dans la limpidité des vents et le chatoiement des cordes. Dans le Prélude à l’Après midi d’un faune, caresse respectueusement cet orchestre qui fait vibrer la musique avec un grand talent narratif. Les pupitres de vents sont absolument renversants.

Dans le Sacre du printemps, se place dans une tradition initiée par Pierre Monteux et Ernest Ansermet faisant du Sacre une rage élégante et raffinée. Si la puissance des pupitres est foncièrement tellurique et explosive, la baguette du chef se plait à ciseler les lignes mélodiques avec un luxe très « haute couture ». Les tempi, assez modérés, permettent au chef de faire briller les moindres détails de son orchestre. On admire, encore et toujours, une harmonie de très haut vol et surtout l’homogénéité  des pupitres. Si l’on compare cette lecture avec les dernières  interprétations publiées par Tugan Sohkiev à Toulouse et Michel Tabachnik à Bruxelles, Jordan et ses Parisiens l’emportent très haut la main. D’ailleurs, en matière de qualité d’orchestre et de sonorité «française », Paris atomise Toulouse (dont la plastique française entretenue par Michel Plasson pendant des années est scrupuleusement saccagée par l’actuel directeur de l’orchestre toulousain).

Hélas, Jordan ne transforme pas l’essai avec le Boléro. Tenant trop fermement le tempo, le chef ne laisse pas les musiciens respirer. La machine orchestrale est implacable et carénée, mais elle manque de souplesse dans le final, même si les vents se couvrent de gloire.

On retient donc de ce disque, très bien enregistré, la qualité superlative de l’ et la hauteur de vue stylistique de Philippe Jordan, assurément l’un des très grands chefs actuels.

(Visited 229 times, 1 visits today)

Plus de détails

Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après midi d’un Faune ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps ; Maurice Ravel (1875-1937) : Boléro. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Philippe Jordan. 1 CD Naïve. Référence : V 5332. Enregistré à Paris en 2012. Notice de présentation en : français et anglais. Durée : 57’00.

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.