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Comme chaque année, en cette période de Pâques, le festival Beethoven de Varsovie anime la vie musicale polonaise. Cette 17éme édition propose une affiche toujours aussi riche, mélangeant les genres de la musique de chambre à la musique symphonique.

Le est l’orchestre des jeunes de Pologne, il fut créé afin de faciliter leur  intégration dans le milieu orchestral professionnel. Dans le cadre du traditionnel concert dévolu aux lauréats des concours internationaux, la phalange se produisait avec deux jeunes artistes : le violoniste azéri et le chef vénézuélien .

Lauréat du concours de direction Nicolai Malko de Copenhague, le jeune homme témoigne d’une assurance et d’une technique de direction infaillibles. Il cerne parfaitement les caractéristiques de l’ouverture de Leonore n°1 de Beethoven avant d’emporter l’adhésion du public dans la Symphonie n°7. En dépit de l’effectif orchestral sollicité en tutti, le chef conserve un élan interprétatif et une incroyable clarté dans la mise en avant des thèmes de l’œuvre. Peu de chefs peuvent proposer une telle assurance et une telle maîtrise. Agé de 32 ans, Payare est certainement promis  à un bel avenir, il est bien plus qu’un clone de Dudamel, et il possède déjà : la fraîcheur de l’inspiration et la rigueur de la direction. Primé lors de nombreuses compétitions, le violoniste cherche à restituer le climat italien et primesautier de ce concerto. Fuyant la recherche des effets de manche et de la massivité, il parvient imposer un Tchaïkovski estival et enjôleur, même si le discours est parfois émoussé et que l’on aimerait parfois un peu plus de prise de risque dans cette lecture, belle mais assez neutre.

Fidèle de la manifestation, le chef d’orchestre proposait un programme très intelligemment conçu qui culminait avec la Symphonie n°2 « Copernic » d’Henryk  Górecki. En dehors de sa Symphonie n°3, régulièrement jouée et enregistrée (d’ailleurs par chez Sony), le reste de l’œuvre de ce grand compositeur polonais est presque inconnue. Composée en 1972, cette partition mobilise un grand orchestre symphonique, un chœur et deux solistes. Sa composition alterne deux mouvements : le premier s’avère puissant, dissonant, martial et violent dans ses contrastes et ses paroxysmes de tensions alors que le second, en droite ligne de la future Symphonie n°3, propose des climats à la minéralité décantée et  crépusculaire. John Axelrod emporte au panache cette symphonie, unique et grandiose. Il tire de multiples sonorités de l’orchestre philharmonique de Varsovie et du chœur de Byalistock. Les deux solistes, Aleksandra Kubas-Kruk (soprano) et Robert Gierlach (baryton) sont particulièrement engagés dans l’interprétation de cette œuvre.

En première partie John Axelrod  confrontait les expérimentations harmoniques de l’Unanswered Question de et la puissance orchestrale de Tod und Verklärung de Richard Strauss. John Axelrod décantait les timbres vaporeux d’Ives et faisait exploser les dynamiques de la masse orchestrale dans le poème symphonique de Strauss.

Du côté des concerts de musique de chambre, on retrouve l’intégrale des Sonates pour violon et piano de Beethoven, menée sur plusieurs années par  et et en particuliers les Sonates de l’opus 12 et de l’opus 30.   L’oreille  était ravie de retrouver ces artistes au sommet de leur forme après un sérieux passage à vide l’an passé. ne se ménage pas et prend un maximum de risques pour imposer un Beethoven moderne et radical, sans matière grasse ou sucres ajoutés. répond avec attention au parcours interprétatif suggéré par son ami violoniste.  Fuyant la mode des lectures enjolivées et trop polies, cette interprétation au panache et est longuement acclamée par le public.

Considéré comme l’un des meilleurs quatuors actuel, les Londoniens du Belcea étaient en démonstration dans le Quatuor opus 59 n°1 et le Quatuor opus 131. Outre une technique et une entente mutuelle exemplaires, ce groupe fait ressortir tout le génie d’écriture du compositeur en y ajoutant un vécu dramatique presque étouffant.

Changement de registre avec l’Artis Quartet de Vienne dans les quatuors de l’opus 18 et de l’opus 59. Les musiciens  instaurent un climat  plein de joliesse, mais  on peine à être touché par une interprétation trop consensuelle dans sa vivacité de façade trop placide et lisse, sans faire abstraction de nombreuses fausses notes et accrocs.

Le Beethoven festival poursuit sur sa lancée qualitative des grandes manifestations musicales européennes. Il faut attirer l’attention sur ce public très jeune et même ces enfants, présents en nombre, même aux concerts de musique de chambre.

L’édition 2014 du Beethoven festival accueillera, entre autre, le gala annuel des (ICMA). Le 12 avril 2014, le , accompagnera les lauréats.

Crédits photographiques : Bruno Fidrych

 

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