François Couperin revisité par James Tibbles

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François Couperin (1668-1733) : Pièces d’orgue consistant en deux messes, l’une à l’usage ordinaire des paroisses, l’autre propre pour les couvents de religieux et religieuses (Paris 1690). James Tibbles à l’orgue historique anonyme (1680) de l’église Notre-Dame de Rozay en Brie (Seine et Marne). Rowan Johnston, cantor. Age of discovery vocal ensemble, direction : James Tibbles. 2 CDs Paladino Music PMR 0020. Code barre : 9120040730062. Enregistré en décembre 2010, juin 2011 et juillet 2011. Livret bilingue anglais/français. Durée totale 56’16 » + 44’47 ».

 

En cette année qui commémore les 280 ans de la disparition de , voici encore une nouvelle version des deux messes pour orgue. Géniale écriture d’un jeune musicien d’une vingtaine d’années, signe à jamais un chef d’œuvre absolu. La preuve en est que toute nouvelle approche de sa musique reste passionnante, du moment que les interprètes se penchent sérieusement sur les secrets de son exécution.

C’est bien le cas ici. est un organiste venu de Nouvelle-Zélande pour découvrir, étudier et appliquer les principes techniques et stylistiques de la musique baroque française. Cet artiste est professeur de musique ancienne à l’université d’Auckland.Tout y est, dans l’étude et le rendu. Ce qui est passionnant ici, c’est l’angle d’approche, très personnel, qui propose d’autres solutions dans le toucher, la réalisation des notes inégales, certaines registrations ou encore quelques ornements revisités. On arrive à un résultat parfois différent de nos certitudes habituelles, mais l’important est que le souffle traverse d’un bout à l’autre ce livre d’orgue, dans une interprétation inspirée, ne s’écartant jamais d’un style irréprochable. Les tempi sont bien posés, cohérents, en fonction de l’atmosphère de chaque verset.

L’alternance du plaint chant est proposée ici par un chœur néo-zélandais que dirige lui même l’organiste. Un groupe d’hommes pour les paroisses, et de femmes pour les couvents, illustrent efficacement la pratique de l’époque. Les lignes de plain-chant sont tirées des recueils en usage : Les Graduale Romanum et Monasticum, contemporains de Couperin. Là aussi le style est savamment recherché et la couleur de ces deux choeurs très agréable dans l’écoute alternatim avec l’orgue.

Cet enregistrement met également en valeur l’orgue historique de Rozay en Brie, contemporain des Couperin, et voisin de Chaumes en Brie d’où leur famille est issue. Magnifiquement et respectueusement restauré par Yves Cabourdin, cet orgue reste assurément le témoin unique d’un grand instrument préservé de la fin du XVII° siècle, quasiment conservé dans son état d’origine, y compris ses claviers anciens, parmi les plus vieux de France, et qui furent sans doute joués par les Couperin. Cet orgue est donc le partenaire précieux et idéal pour ce livre d’orgue, les orgues intacts remontant au XVII° siècle ayant pratiquement tous disparus.

Aux côtés de la récente et remarquable version de (XCP 5558/9) sur les orgues d’Albi et de Mouzon, la présente version s’inscrit parmi les belles réalisations consacrées à ce livre d’orgue, dont on découvre à chaque fois certains trésors cachés.

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