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Magdalena Kožená et Nathalie Stutzmann à l’Arsenal de Metz

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Metz. Arsenal. 30-V-2013. Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie n°91 en mi bémol majeur (premier mouvement) ; cantate « Arianna a Naxos ». Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Eine kleine Nachtmusik en sol majeur, K.525 ; aria « Non so piu cosa son, cosa faccio », extrait des Nozze di Figaro ; arie « Deh per questo » et « Parto, ma tu ben mio », extraits de La Clemenza di Tito ; aria de concert « Vado, ma dove, O Dei », K.583 ; symphonie n°40 en sol mineur, K.550. Avec Magdalena Kožená, mezzo-soprano. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann.

Elle n’avait pas convaincu dans certaines de ses incarnations récentes, notamment dans sa Carmen dirigée par Simon Rattle, entachée d’une certaine mollesse de ton, de voix et de tempérament. Dans deux de ses rôles fétiches, Chérubin des Noces de Figaro et Sesto de La Clemenza di Tito, retrouve cette tessiture ambiguë qui convient idéalement à sa voix de véritable mezzo-soprano, un rien courte d’aigus et harmoniquement plutôt pauvre dans les extrêmes graves, mais si richement timbrée et parfaitement égale sur toute l’étendue de la ligne. À l’ardeur solaire et à la vivacité espiègle de Chérubin – avec en prime un « Voi che sapete » donné en bis… – font pendant les affres et les déchirements d’un Sesto vibrant d’intensité et d’intériorité dramatique. La voix de cette impeccable musicienne semble à tout moment parfaitement maîtrisée, et les couleurs instrumentales de ce bel organe sont encore davantage mises en valeurs dans l’air de concert « Vado, ma dove », dont la tessiture centrale rend particulièrement justice aux couleurs moirées du beau timbre de Kožená. Dans la cantate de Haydn Arianna a Naxos, donnée en début de programme comme autrefois dans les récitals de la grande Jessye Norman, la dimension tragique permet à la cantatrice tchèque de donner toute la mesure de son tempérament dramatique.

À l’orchestre, et sont bien plus que de simples accompagnateurs, ils sont une véritable respiration. La rondeur et la souplesse des sonorités de l’ensemble – dont l’effectif, avec à peine plus de vingt-cinq instrumentistes, reste tout de même relativement réduit pour Mozart – permettent de réentendre et de redécouvrir certaines des pages les plus rebattues, comme par exemple La petite musique de nuit ou la Symphonie n°40, données avec ce mélange caractéristique de douceur et de fermeté, de rigueur et de flexibilité.

En somme une soirée thérapeutique, dont le programme – plutôt convenu, reconnaissons-le – confirme les talents de Stutzmann en chef d’orchestre et rappelle où se trouvent les véritables emplois vocaux de la Kožená.

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Metz. Arsenal. 30-V-2013. Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie n°91 en mi bémol majeur (premier mouvement) ; cantate « Arianna a Naxos ». Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Eine kleine Nachtmusik en sol majeur, K.525 ; aria « Non so piu cosa son, cosa faccio », extrait des Nozze di Figaro ; arie « Deh per questo » et « Parto, ma tu ben mio », extraits de La Clemenza di Tito ; aria de concert « Vado, ma dove, O Dei », K.583 ; symphonie n°40 en sol mineur, K.550. Avec Magdalena Kožená, mezzo-soprano. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann.

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