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Toulouse (31). 20-21 VII 2013. Auditorium Saint-Pierre de Cuisines. Chœur Slave. Piotr Illich Tchaïkovski (1840-893) : Liturgie de Saint-Jean Chrysostome (extraits) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie de psaumes. Piano : Elisabeth Meric, Yann Kerminon. Chœur de la session Eurochorus 2013 (direction artistique : Jacques Michel). Direction musicale : Igor Mikhaïlevskiy (Tchaïkovski), Audrey Pévrier (Stravinsky).

Symphonie de psaumes StravinskyCet été encore, quelque 120 choristes amateurs de bon niveau, venus de toute l’Europe se sont retrouvés à Toulouse pour la 7e Rencontre Internationale d’Art Choral Eurochorus. Comme à l’accoutumée, il s’agissait de travailler un programme exigeant, qu’ils ont  donné en concert deux soirs de suite dans le cadre majestueux de l’auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines.

La session 2013 était consacrée à deux œuvres majeures et d’une complexité certaine du répertoire russe : La Liturgie de Saint-Jean Chrysostome de Tchaïkovski, dirigé par le chef ukrainien et la plus récente Symphonie de psaumes d’, dont la direction est confiée à la chef de chœur lyonnaise , fidèle de la première heure à Eurochorus.

Cette session offrait en outre une nouveauté avec un stage pour les jeunes voix de 10 à 16 ans sous la direction du chef de chœur toulousain . Ils ouvraient d’ailleurs le concert par des musiques populaires d’Europe centrale, associées à des œuvres de Kodaly, Bartok, Martinu et Lutoslawski. Plus que de chanter, ils se sont initiés au montage d’une création artistique puisque les fait chanter en bougeant selon une scénographie prenant en compte la spécificité du lieu, qui permet d’intéressants effets de spatialisation sonore. Et l’on est surpris par la précision de la mise en place au terme de quelques jours seulement d’un travail continu.

Les 93 choristes adultes se sont ensuite plongés avec bonheur dans la célèbre Liturgie de saint Jean Chrysostome. Un retour à la musique orthodoxe pour certains d’entre eux, qui avaient travaillé et chanté les Vêpres de Rachmaninov en 2009. Ce vaste cycle correspond à la messe orthodoxe où le chant choral a connu un développement considérable depuis que le tsar Alexis 1er avait interdit l’usage des instruments en 1648, sous l’influence de la hiérarchie orthodoxe qui les considéraient comme diaboliques… S’appuyant sur les préceptes et le souvenir de Jean Chrysostome (345-407), qui fut évêque de Constantinople,  cette liturgie constitue l’ordinaire de l’office utilisé pendant la plus grande partie de l’année, sauf pour une douzaine de fêtes où s’applique celle de saint Basile et le Grand carême qui se fonde sur la liturgie des présanctifiés.

Les sept extraits choisis correspondent à une sorte de transposition de la messe occidentale : Gloria, Credo, Sanctus, louange universelle, louange de la mère de Dieu, Notre Père, Communion. Composée l’année précédente, cette liturgie fut créée lors d’un office à l’université de Kiev en 1879.

Dans ce que l’on peut appeler le chœur du chant orthodoxe, les affects varient de la méditation contemplative à la louange plus extériorisée.

Sous la direction d’, le chœur mixte montre une belle homogénéité. Les thèmes circulent aisément entre les pupitres qui s’écoutent attentivement. C’est le résultat très honorable d’un travail approfondi en dix jours sur la rythmique, l’harmonie et la langue.

Dans un autre langage, la Symphonie de psaumes de Stravinsky présente un autre  niveau de difficulté. Composée pour chœur et orchestre, l’œuvre est ici interprétée avec un accompagnement de piano à quatre mains. Elle résulte d’une commande du chef d’orchestre Serge Koussevitzki pour le 50e anniversaire de son orchestre de Boston en 1930, mais fut créée à Bruxelles par Ernest Ansermet.

Se méfiant des formes traditionnelles transmises par le XIXe siècle, Stravinsky veut surprendre et se soustraire à l’expression romantique. Il souhaitait un grand développement contrapunctique où le chœur et l’orchestre figureraient à égalité. Éperdu d’admiration pour les cantates de Bach et connaissant intimement la tradition russe, Stravinsky était sensible au rapport entre le texte chanté, sa langue propre et la musique. Il était de plus fasciné par la langue latine. Le choix des psaumes 38, 39 et 150 ne doit rien au hasard, structurant les trois parties de dimensions croissantes entre l’imploration, la confiance et la louange. Stravinsky exprimait en outre des idées bien arrêtées sur la musique religieuse : « La musique religieuse sans religion est presque toujours vulgaire et il faut être croyant pour composer cela et pas seulement croire au sens symbolique, mais à la personne du Seigneur ; à la personne du Diable et aux miracles de l’Église ».

Emmené avec précision et ferveur par , le chœur surmonte les difficultés d’écriture et donne une interprétation prenante de cette œuvre que l’on entend rarement. Ajoutons que les pianistes Elisabeth Meric et Yann Kerninon se sortent plutôt bien de la transcription orchestrale particulièrement virtuose.

Parmi les nombreux stages vocaux, qui émaillent le territoire chaque été, on peut souligner l’originalité et l’audace d’Eurochorus qui sort des sentiers battus sans craindre la complexité du répertoire.

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Toulouse (31). 20-21 VII 2013. Auditorium Saint-Pierre de Cuisines. Chœur Slave. Piotr Illich Tchaïkovski (1840-893) : Liturgie de Saint-Jean Chrysostome (extraits) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie de psaumes. Piano : Elisabeth Meric, Yann Kerminon. Chœur de la session Eurochorus 2013 (direction artistique : Jacques Michel). Direction musicale : Igor Mikhaïlevskiy (Tchaïkovski), Audrey Pévrier (Stravinsky).

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