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Andrés Orozco-Estrada, l’autre « Monsieur 100.000 volts »

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Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op.14. Tonkünstler-Orchester Niederösterreich, direction : Andrés Orozco-Estrada. 1 CD Oehms. Référence : OC 869. Enregistré en concert en 2012. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée : 55’15

 

oehms berlioz orozcoA propos d’un récent concert au Verbier festival, nous partagions notre enthousiasme devant le talentueux chef d’orchestre : . Simultanément, nous recevons son dernier disque consacré à la Symphonie fantastique. La tâche est délicate car la Symphonie fantastique reste une épreuve pour les chefs ; de nombreux et non des moindres s’y sont naufragés : le chef doit tenir la distance narrative, faire exploser les dynamiques révolutionnaires et surtout animer les passages plus planants, comme les mouvements « Rêveries.Passions » et la « Scène aux champs ». Par ailleurs, l’essence de cette musique est souvent rétive aux orchestres germaniques à l’image des enregistrements complètement ratés de Karajan, Barenboïm, ou Rattle avec le Philharmonique de Berlin ou celui d’Eliahu Inbal avec l’orchestre de la radio de Francfort.

Peu médiatisé en dehors de ses frontières naturelles le Tonkünstler-Orchester Niederösterreich n’est pas l’orchestre le plus phonogénique du monde, mais Orozco-Estrada sait galvaniser ses troupes et utiliser sa sonorité mate et puissante, au service de sa vision. Le chef porte ce Berlioz au panache et à l’énergie : il ne s’alanguit jamais et il ne perd jamais de vue le sens narratif. Son Berlioz est puissamment dramatique, mais toujours clair dans la recherche des timbres et idéalement construit dans ses gradations. « Un Bal » se déhanche avec un déterminisme élégant et enjôleur, alors que la « Scène aux champs », tunnel symphonique de nombre d’enregistrements, devient un songe amoureux à l’ombre du soleil d’été. Les deux derniers mouvements sont explosifs comme il le faut, mais sans brutalités, cavalcades et charges à la hussarde de cuivres enragés.

Bien évidement la discographie est barrée par de très nombreuses références, anciennes ou récentes. Mais, pour un premier disque à visée internationale, frappe un grand coup. On se souvient qu’un Gustavo Dudamel, avec le Los Angeles Philharmonic, s’y était naufragé (un album DG en téléchargement uniquement). On retiendra ce disque comme une belle carte de visite et comme l’annonce d’un grand talent à suivre.

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Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op.14. Tonkünstler-Orchester Niederösterreich, direction : Andrés Orozco-Estrada. 1 CD Oehms. Référence : OC 869. Enregistré en concert en 2012. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée : 55’15

 
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