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La Chaise-Dieu : Bach et Haendel : les Kings du festival

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La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. 28-VIII-2013. Jean-Sebastien Bach (1685-1750) : Cantate Geist und Seele wird verwirret BWV 35 ; Oratorio de l’Ascension Lobet Gott in seinen Reichen BWV 11 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Ouverture de « The occasional oratorio » HWV 62 ; Dixit Dominus HWV 232. Lorna Anderson, soprano ; Marriana Beate Kielland, mezzo-soprano ; Benjamin Hulett, ténor ; David Wilson-Johnson, basse. The King’s Consort, direction : Robert King.

 Robert King © Jean-Noël DémardBach et Haendel, nés la même année, ont eu des trajectoires bien différentes mais, chacun à leur manière, ont marqué l’histoire de la musique.

Au festival de La Chaise-Dieu 2013, et son King’s Consort ont proposé  un programme qui n’oppose pas ces deux « kings » mais pose un regard un peu différent sur chacun d’eux.

La cantate Geist und Seele wird verwirret a été composée à Leipzig en 1726. Elle a cette particularité de comporter une partie d’orgue obligée. Et chaque chœur est introduit par une séquence instrumentale. D’abord un (petit) concerto, où les cordes du King’s Consort laissent la place à l’orgue dans un juste équilibre, équilibre qu’on retrouve dans la Sinfonia. Intercalé, le Sanctus BWV 241, inspiré de Kerll où l’on apprécie la délicatesse de l’entrée des voix et un phrasé allègre.

L’Oratorio de l’Ascension, composé sur des textes non pas bibliques mais tirés des évangiles, s’ouvre sur un chœur festif où l’omniprésence des sopranos ne déséquilibre pas l’ensemble. L’aria Ach, bleibe doch, meinliebstes Leben, « demeure donc, ma vie très chérie » fait penser à la souffrance d’un amant qui voit sa belle s’éloigner. Marriana Beate Kielland exprime parfaitement cette douleur, ce déchirement. Le thème sera repris par Bach dans l’Agnus dei de la Messe en si. Dans l’aria de soprano Jesu, deine Gnadenblicke, la voix de Lorna Anderson est un peu étriquée et si le texte « me fait réjouir en esprit », ce n’est pas le cas vocalement. Dans le final, chœur et orchestre dialoguent, les voix ayant le thème, les instruments deviennent pressants : « viens donc, présente-toi à nous ». Une fin tonique, musicale, ardent mélange : du Bach à l’anglaise !

Le Dixit Dominus est précédé d’une pièce peu connue : l’ouverture de The occasional oratorio, petit puzzle musical, justement introductif à la pièce majeure du concert. On aura remarqué la jolie prestation du hautbois dans le mouvement lent.

Il n’est pas si fréquent que Haendel compose sur un texte latin. Et c’est en Italie, en 1707, qu’il écrit ce Dixit Dominus, musicalement envahissant et très imagé. Il n’est que d’écouter le violent Conquassabit capita, ou le tendre De torrente pour en goûter tous les aspects. Le King’s Consort est particulièrement à l’aise dans cette grande pièce. On retiendra, en particulier, les très belles nuances et la grande clarté du chœur dans le Juravit Dominus.

Le public a applaudi longuement cette prestation d’un ensemble vocal et instrumental, fondé en 1980 par , formation dont la qualité musicale n’est plus à démontrer. Et ce quel que soit le répertoire… On l’entendra, sous peu, à Saint-Omer, dans la Petite Messe Solennelle de Rossini.

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La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. 28-VIII-2013. Jean-Sebastien Bach (1685-1750) : Cantate Geist und Seele wird verwirret BWV 35 ; Oratorio de l’Ascension Lobet Gott in seinen Reichen BWV 11 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Ouverture de « The occasional oratorio » HWV 62 ; Dixit Dominus HWV 232. Lorna Anderson, soprano ; Marriana Beate Kielland, mezzo-soprano ; Benjamin Hulett, ténor ; David Wilson-Johnson, basse. The King’s Consort, direction : Robert King.

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