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Etonnante maturité de Jan Lisiecki

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Paris, Auditorium du Louvre. 26-IX-2013, 12 h 30 : Ignacy Jan Paderewski (1860-1941) : Nocturne en si bémol majeur extrait de « Miscellanea » op. 16 n° 4 ; Menuet célèbre en sol majeur extrait des « Six humoresques de concert » op. 14 n° 1 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita en si bémol majeur BWV 825 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : 12 Etudes op. 10. Jan Lisiecki, piano.

Jan Lisiecki 3 © DG:Mathias Bothor SMALLA peine 18 ans (né en 1995), la carrière du Canadien d’origine polonaise est déjà bien entamée. Sa dernière apparition à Paris remonte au 14 septembre 2011, lors de l’ouverture de la saison de l’Orchestre de Paris avec le Premier Concerto  de Chopin. Depuis, il s’est présenté dans les plus grands festivals et salles du monde, et le public parisien attendait impatiemment un récital. Cette attente était si grande que l’Auditorium du Louvre affiche complet, de nombreux mélomanes l’écoutent debout, en arrière de la salle.

Il commence le programme avec deux courtes pièces de Paderewski, Nocturne avec un romantisme avéré et Menuet avec un semblant de légèreté et d’humour. Suit la Première Partita de Bach, lyrique et bien rythmée. La clarté de phrasés, les contrastes de caractère entre des mouvements rapides et lents (« Courante » – « Sarabande » par exemple),  l’enchaînement prodigieux des deux « Menuet » à la « Gigue » finale, et cette même « Gigue » dans un tempo très rapide, le tout agrémenté d’ornements adéquats, montrent son immense talent.

Dans les Etudes op. 10, il confirme encore ce talent. Enchainer sur la scène les 12 pièces, exigeant chacune une extrême difficulté technique, n’est pas anodin, alors que, même les grands pianistes ne les programment que rarement. C’est donc un défi, mais il réussit, considérant le cycle comme une grande suite et en prenant un temps nécessaire entre chaque pièce. Sa virtuosité (n° 4, 7, 8, 10) rime avec le lyrisme (n° 6, 9, 11). Lors de la célèbre Etude dite « Révolutionnaire », il semblerait que notre jeune pianiste mette plus d’accent sur le caractère passionné que le désespoir, encore une fois à travers des phrasés d’une limpidité exceptionnelle.

En bis, comme pour donner un contrepoids à cette série fiévreuse, une Nocturne posthume est jouée afin de terminer avec une note de nostalgie poétique.

Crédit photographique : © DG/Mathias Bothor

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Paris, Auditorium du Louvre. 26-IX-2013, 12 h 30 : Ignacy Jan Paderewski (1860-1941) : Nocturne en si bémol majeur extrait de « Miscellanea » op. 16 n° 4 ; Menuet célèbre en sol majeur extrait des « Six humoresques de concert » op. 14 n° 1 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita en si bémol majeur BWV 825 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : 12 Etudes op. 10. Jan Lisiecki, piano.

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