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Variations virtuelles par Matan Porat

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Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Sonate en ré mineur K.32 ; François Couperin (1668-1733) : La Muse palatine ; Leoš Janáček (1854-1928) : Seulement le destin aveugle ? ; Felix Mendelssohn (1809-1847) : Romance sans paroles op. 62 n°1 ; Edvard Grieg (1843-1907) : Pièce lyrique op. 12 n°1 ; Béla Bartók (1881-1945) : « Ce que la mouche raconte » (Mikrokosmos); Johannes Brahms (1833-1897) : Intermezzo en mi mineur op. 116 n°5 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Mazurka en mi mineur op. 17 n°2 ; Pierre Boulez (1925) : Notations n°4, n°8 et n°11 ; Robert Schumann (1810-1856) : « L’Oiseau-prophète » (Scènes de la forêt, op. 82) ; Erik Satie (1866-1925) : Gnossienne n°2 ; Claude Debussy (1862-1918) : Des pas sur la neige ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : « Gigue » de la Partita n°1 BWV 825 ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Valse Lyrique op. 91b ; George Antheil (1900-1959) : Toccata n°1 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Tendres reproches op. 72 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Bagatelle en la bémol majeur op. 33 n°7 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Gigue en sol majeur K.574 ; Franz Liszt (1811-1886) : la Vallée d’Obermann ; György Ligeti (1923-2006) : « V. Rubato. Lamentoso » (Musica Ricercata) ; György Kurtág (1926) : « Doina » (Játékok) ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Vers la flamme op. 72 ; Matan Porat (1981) : Improvisation. Matan Porat, piano. Un CD Mirare. Code barre : 3 760127 222132. Enregistré à la Cité Nantes Events Center du 28 au 30 janvier 2013. Livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée totale : 69′.

 

mirare_Matan PoratLe jeune pianiste et compositeur nous propose dans son dernier enregistrement un programme on ne peut plus varié, allant de Scarlatti à Boulez et mêlant des oeuvres-phare du répertoire pianistique à des curiosités. Le choix d’oeuvres aussi dissemblables ne découle cependant pas d’un caprice, mais d’un parti-pris expliqué dans le livret. À savoir, entend mettre en relief les caractéristiques communes aux pièces choisies, de façon à créer une forme virtuelle de thème et variations, à partir de la Sonate de Scarlatti.

Ces caractéristiques sont à ce point ténues (un demi-ton ascendant, suivi d’un demi-ton descendant) qu’il n’est pas illégitime de questionner le bien-fondé d’un tel programme. Pourtant, l’audition complète de l’enregistrement révèle la logique des enchaînements et la cohérence du tout, par-delà les considérations stylistiques. Il n’est qu’à écouter la « Muse palatine » après la Sonate de Scarlatti, ou la Gigue de Mozart après la Notation n°4 de Boulez, pour en être convaincu.

Les quelques curiosités que comprennent cet enregistrement ne dépassent pas vraiment le stade de l’anecdotique, la Toccata d’Antheil en tête, fidèle au style dissonant et motoriste du compositeur. Leur présence n’est pas sans intérêt néanmoins : elles contrepointent les pièces plus ambitieuses, avec humour parfois, comme cette « Valse lyrique » de Chostakovitch, et contribuent à l’équilibre et au renouvellement du propos.

D’un point de vue pianistique, on dira du jeu de qu’il est très précis, avec une bonne gestion des plans sonores, notamment dans la Gnossienne de Satie, aérienne. De manière générale, le pianiste excelle dans les ambiances en demi-teinte, comme en témoignent « L’Oiseau-prophète », tendrement rêveur, « Vers la flamme », sombrement exalté, ou encore « Des pas sur la neige », bien que cette dernière, dans laquelle le pianiste observe scrupuleusement les indications de Debussy, manque un peu de relief à notre goût.

Au final, cet enregistrement, dont le programme est non seulement original mais ambitieux, se révèle d’un intérêt certain, qui va grandissant au fur et à mesure des écoutes.

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Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Sonate en ré mineur K.32 ; François Couperin (1668-1733) : La Muse palatine ; Leoš Janáček (1854-1928) : Seulement le destin aveugle ? ; Felix Mendelssohn (1809-1847) : Romance sans paroles op. 62 n°1 ; Edvard Grieg (1843-1907) : Pièce lyrique op. 12 n°1 ; Béla Bartók (1881-1945) : « Ce que la mouche raconte » (Mikrokosmos); Johannes Brahms (1833-1897) : Intermezzo en mi mineur op. 116 n°5 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Mazurka en mi mineur op. 17 n°2 ; Pierre Boulez (1925) : Notations n°4, n°8 et n°11 ; Robert Schumann (1810-1856) : « L’Oiseau-prophète » (Scènes de la forêt, op. 82) ; Erik Satie (1866-1925) : Gnossienne n°2 ; Claude Debussy (1862-1918) : Des pas sur la neige ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : « Gigue » de la Partita n°1 BWV 825 ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Valse Lyrique op. 91b ; George Antheil (1900-1959) : Toccata n°1 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Tendres reproches op. 72 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Bagatelle en la bémol majeur op. 33 n°7 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Gigue en sol majeur K.574 ; Franz Liszt (1811-1886) : la Vallée d’Obermann ; György Ligeti (1923-2006) : « V. Rubato. Lamentoso » (Musica Ricercata) ; György Kurtág (1926) : « Doina » (Játékok) ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Vers la flamme op. 72 ; Matan Porat (1981) : Improvisation. Matan Porat, piano. Un CD Mirare. Code barre : 3 760127 222132. Enregistré à la Cité Nantes Events Center du 28 au 30 janvier 2013. Livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée totale : 69′.

 
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