Eric Coates, tous ses enregistrements commerciaux

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Eric Coates (1886-1957) : THE DEFINITIVE ERIC COATES – ALL OF HIS COMMERCIAL RECORDINGS 1923-1957. The Merrymakers overture ; From Meadow to Mayfair suite ; Summer Afternoon idyll ; Cinderella, a phantasy ; By the Sleepy Lagoon, valse serenade ; By the Tamarisk intermezzo ; Saxo-Rhapsody ; Summer Days suite ; Springtime suite ; For Your Delight, serenade ; Footlights, concert waltz ; Last Love, romance ; The Seven Seas march ; I Sing to You (A Souvenir) ; Calling All Workers march ; Fanfares No. 1 & No. 2 ; Salute the Soldier march ; The Eighth Army march ; Four Centuries suite ; The Three Elizabeths suite ; Dancing Nights, concert valse ; London Calling march ; London Bridge march ; Song of Loyalty (orchestral version) ; Bird Songs at Eventide ; Television march ; Wood Nymphs, valsette ; London [Everyday] suite ; London Again suite ; The Three Men suite ; Music Everywhere, rediffusion march ; The Dam Busters march ; Sound And Vision, The A.T.V. Television march ; High Flight march ; Impression of a Princess, intermezzo ; South Wales and West, television march ; With A Song In My Heart (symphonic rhapsody after Richard Rogers) ; I Pitch My Lonely Caravan at Night, symphonic rhapsody ; I Heard You Singing & Bird Songs At Eventide, symphonic rhapsody ; The Jester at the Wedding : n°1 – The Princess Arrives, n°4 – The Dance of the Orange Blossoms, valse ; Song of Loyalty (The Prayer Within Our Hearts) ; The Three Bears, a phantasy ; « Valse » from the phantasy The Three Bears ; Moresque, interlude ; Joyous Youth suite ; The Selfish Giant, a phantasy (arr. Leighton Lucas). BONUS CD – From the Countryside suite ; Miniature suite ; Joyous Youth suite ; Moresque, dance interlude ; Two Light Syncopated Pieces ; The Selfish Giant, a phantasy ; Four Ways suite ; Mirage, romance ; Under the Stars ; Lazy Night, valse romantique ; Over to You march ; Holborn march ; Sweet Seventeen, concert waltz ; The Dam Busters march. Lance Fairfax, baryton. Sigurd Rascher, saxophone alto. Cedric Sharpe Sextet. The Aeolian Orchestra, Symphony Orchestra, New Symphony Orchestra, London Symphony Orchestra, London Philharmonic Orchestra, National Symphony Orchestra, Philharmonic Promenade Orchestra, Queen’s Hall Light Orchestra, New Queen’s Hall Light Orchestra, Light Symphony Orchestra, Concert Orchestra, The Court Symphony Orchestra, direction : Eric Coates. The Peerless Orchestra. Light Symphony Orchestra, direction : Clarence Raybould. Queen’s Hall Light Orchestra, direction : Charles Williams. The New Concert Orchestra, direction : Jack Leon. The New Light Symphony Orchestra, direction : Joseph Lewis. Sidney Torch and his Orchestra. The Melodi Light Orchestra, direction : Ole Jensen. Jack Payne and his Band. RAF Central Orchestra, direction : Wing Commander O.P. O’Donnell MVO. Central Band of The Royal Air Force, direction : Wing Commander A.E. Sims OBE. 1 coffret 7 CD-R Nimbus NI6231. Code barre : 0710357623127. Enregistré entre 1923 et 1957, probablement dans divers studios à Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) excellentes (Michael Payne). Durée : 8 h 50’.

 

nimbus_coates_conducts_coatesEn ce début d’année, l’heure est à la détente auditive et spirituelle, tout comme le propose la tradition du Concert du Nouvel An de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, et en ces circonstances, nous accueillons très volontiers cette réalisation incomparable – et inespérée ! – du label anglais Nimbus consacrée à l’entièreté des gravures du compositeur de musique dite « légère » (1886-1957) qui, incidemment, n’a aucun lien de parenté avec le légendaire chef d’orchestre Albert Coates (1882-1953).

La musique symphonique légère de qualité (nous insistons sur le terme « qualité » !) a toujours été fort appréciée des anglo-saxons, et des compositeurs anglais qui se sont surtout distingués dans des œuvres d’envergure, accordaient tout autant de soins à l’élaboration de délicieuses miniatures : il suffit d’évoquer les noms de Sir Arthur Sullivan (1842-1900), Sir Edward German (1862-1936), et même Sir Edward Elgar (1857-1934), entre autres. Ce dernier avait une profonde affection pour la musique d’, au point d’avoir donné à son disquaire attitré l’ordre permanent de livrer tout nouveau disque 78 tours dirigé par le jeune compositeur. Elgar avait même précisé qu’il avait usé jusqu’à la corde son exemplaire de la Summer Days suite de Coates…

Surnommé « le Roi sans couronne de la musique légère », Eric Coates fut, avec (1875-1959), un précurseur de la musique symphonique légère (ou « concert music ») anglaise à laquelle tous deux devaient exclusivement se consacrer en lui conférant ses lettres de noblesse, comme le fera en France. Nanti d’une solide formation musicale d’altiste et composition acquise à la célèbre Royal Academy of Music de Londres, Coates fut alto principal entre 1912 et 1919 au Queen’s Hall Orchestra de Sir Henry Wood, ce qui lui permit de jouer sous la baguette de personnalités telles que Bantock, Delius, Elgar, German, Holst, Richard Strauss, et d’apprendre ainsi sur le tas la direction d’orchestre.

Il était déjà à ce moment l’auteur de pages de musique de chambre, pour piano solo, et de mélodies genre ballade anglaise typiques de l’époque et un tantinet démodées (il en écrivit quelque 190 !) dont on exécute encore parfois l’une ou l’autre, dont Bird Songs at Eventide, popularisé un temps en français sous le titre Les Oiseaux dans le Soir par le légendaire ténor français Georges Thill (1897-1984). Toutefois, si cette partie de l’œuvre de Coates est tombée dans un oubli relatif, ce n’est pas le cas de son œuvre orchestrale, sans doute parce qu’elle est plus récente, et surtout plus proche de notre modernité, en intégrant avec bonheur les rythmes contemporains de la musique américaine : le développement de la radio, du disque et de la télévision naissante a permis à Eric Coates une reconnaissance internationale qu’il n’aurait sans doute pas acquise sans eux. Restée dans l’inconscient collectif, sa musique servit de générique à de nombreuses émissions de radio et de télévision, non seulement en Angleterre (Knightsbridge March pour « In Town Tonight », Calling All Workers march pour « Music While You Work », By the Sleepy Lagoon pour « Desert Island Discs »…) mais également sur le continent, par exemple en Belgique où le commentateur sportif Luc Varenne avait choisi l’entraînante et optimiste London Bridge march pour son émission le « Quart d’Heure du Sport », dans l’enregistrement du chef d’orchestre bruxellois Franz André (1893-1975).

Eric Coates n’a jamais eu la prétention d’écrire des symphonies ou des oratorios. Son domaine de prédilection était la miniature orchestrale dépassant rarement 5 minutes, et souvent ces miniatures se retrouvent groupées par trois ou quatre en suites d’orchestre : Miniature suite (1911), From the Countryside suite (1914), Springtime suite (1919), Summer Days suite (1919), Joyous Youth suite (1921), Four Ways suite (1927), From Meadow to Mayfair suite (1931), London [Everyday] suite (1932, la plus connue), London Again suite (1936), The Three Men suite (1935), Four Centuries suite (1941), The Three Elizabeths suite (1944). Toutefois Coates composa des pièces plus ambitieuses, se rapprochant de petits poèmes symphoniques, et qu’il sous-titre « Phantasy » : The Selfish Giant (1925), The Three Bears (1926, composé pour les 4 ans de son fils Austin), et Cinderella (1929). Enfin, à la demande du légendaire saxophoniste Sigurd Rascher (1907-2001), il apporta une réelle contribution au répertoire de l’instrument par une lumineuse Saxo-Rhapsody (1936) qui est un vrai sommet de son œuvre.

Des chefs comme Barry Wordsworth, Sir Adrian Boult, Sir Charles Groves et Sir Charles Mackerras ont souvent consacré leur talent à la musique d’Eric Coates ; toutefois le compositeur lui-même était excellent chef d’orchestre et savait plus que tout autre comment diriger ses œuvres, les interprétant constamment dans un esprit vif et alerte. En 6 CDs, voici donc rassemblées l’entièreté des multiples gravures qu’Eric Coates nous a léguées de ses compositions, et pour compléter le portrait musical, Nimbus y a judicieusement joint un CD bonus compilant des 78 tours d’interprètes contemporains de Coates dans des pages dont certaines n’ont pas été enregistrées par lui-même.

Dans ses transferts à partir d’exemplaires bien conservés, Alan Bunting a tenté d’uniformiser au mieux les prises de son variées de diverses époques, en supprimant radicalement défauts et bruit de fond, ce qui apporte parfois des sonorités artificielles – surtout dans les passages piano – qui ne seront pas nécessairement du goût de tout mélomane. Par ailleurs, un point négatif de cette édition est la production en CD-R, car l’on sait que ce support est moins fiable et durable que le CD habituel de commerce, et il semble que cette pratique à éviter soit hélas de plus en plus courante chez certains éditeurs anglais (Nimbus, Beulah, Divine Art…), sans doute par souci d’économie. Il faut le déplorer.

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