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Anne Gastinel et Daniele Gatti: un concert titanesque.

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, le 23.I.2014. Antonin Dvořák (1841-1904) : Concerto pour violoncelle en si mineur opus 104 ; Gustave Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 en ré majeur dite « Titan ». Orchestre National de France ; Anne Gastinel, violoncelle ; direction : Daniele Gatti

Daniele Gatti (c) TCEDans une atmosphère recueillie, le concert s’est ouvert par un touchant hommage à Claudio Abbado : son compatriote -visiblement ému- ayant choisi à ce dessein l’aria de la suite en ré de Bach BWV 1068. À l’opposé de ces quelques minutes hors du temps venait ensuite le célébrissime concerto pour violoncelle de Dvořák avec en soliste.

Le premier mouvement fut un peu décevant : outre les légers décalages entre l’orchestre et la soliste, cette dernière semblait avoir confondu énergie et nervosité ; il en a donc résulté un jeu sous tension et ce, en dépit de son aisance technique remarquable.
En revanche, les deuxième et troisième mouvements se révélèrent beaucoup plus réussis : ainsi, le son rond et ample de la violoncelliste s’est parfaitement accordé aux couleurs poétiques de l’Adagio tandis que l’Allegro final fut l’occasion d’admirer sa virtuosité et sa fougue incontestables. Très applaudie, offrit deux bis mémorables : le Chant des oiseaux (un chant catalan arrangé par Pablo Casals) puis la Sarabande de la quatrième suite de Bach ; deux pièces d’une grande sobriété où sa conduite, sans fioritures mais toujours expressive, ainsi que son impressionnant legato firent merveille.

En deuxième partie, nous laissa bouche bée : diriger de mémoire la symphonie « Titan » n’est pas donné à tous -certes, on en attendait pas moins de celui qui a dirigé l’intégrale Mahler lors d’un cycle de concerts au théâtre du Châtelet- mais force est de constater que rares sont les chefs capables de proposer une lecture aussi intelligente et engagée d’une œuvre connue pour sa densité incommensurable. Ce fut pourtant chose faite ce soir-là, grâce à une direction précise, jamais emphatique (pas un geste superflu!) qui sut mettre en lumière les multiples contrastes tout en veillant à la fluidité des enchaînements. On soulignera enfin la réactivité et l’homogénéité des pupitres, tous extrêmement investis -mention spéciale pour l’excellente violoniste (1er solo) qui a fait preuve d’une énergie stupéfiante tout au long de la soirée.

Un concert d’une qualité exceptionnelle qui, assurément, restera dans les mémoires.

Crédit photographique : © DR

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