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Quasi-intégrale des sonates pour piano de Schubert par András Schiff

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Franz Schubert (1797-1828) : 19 Sonates pour piano ; 4 Impromptus, D. 899 ; 4 Impromptus, D. 935 ; 3 Klavierstücke, D. 946 ; 6 Moments musicaux, D. 780 ; 12 Danses allemandes, D. 790 ; 6 Danses allemandes, D. 820 ; Mélodie hongroise en si mineur, D. 817 ; Allegretto en ut mineur, D. 915 ; Grazer Galopp, D. 925. András Schiff, piano. 1 coffret 9 CD Decca 4783018. Code barre : 028947830184. Enregistré entre août 1988 et avril 1993 à la Mozart-Saal, Konzerthaus, et à la Brahms-Saal, Musikverein, Vienne. DDD. Notices trilingues (anglais, français, allemand) bonnes. Durée : 70:44 ; 70:11 ; 74:28 ; 75:50 ; 60:21 ; 65:21 ; 78:06 ; 70:27 ; 73:55.

 

decca_schubert_andras_schiffIl n’est pas aisé de s’y retrouver dans les Sonates pour piano de : suivant les interprètes, les « intégrales » varient entre 11 et 23 sonates, suivant que l’on tient compte ou non de mouvements isolés, inachevés, ou de fragments. Et les diverses numérotations n’arrangent guère les choses, amenant de la confusion quant à leur identification : un catalogue thématique par opus publié par Anton Diabelli en 1851 ne mentionne que huit numéros d’opus dont cinq posthumes (opp. 42, 53, 78, et opp. posth. 120, 122, 143, 147 et 164) ; en 1888, dans la Kritische durchgesehene Gesamtausgabe, Julius Epstein en dénombre quinze, tandis que la classification d’Otto Erich Deutsch (lettre « D ») qui fait autorité de nos jours en recense vingt-deux, auxquelles on peut ajouter un fragment d’Allegro de sonate en mi mineur D. 994 de 38 mesures. La sublime Sonate en si bémol majeur D. 960, par exemple, reçoit indifféremment les numéros 15, 21, 22 ou 23… aussi mieux vaut s’en tenir exclusivement à la numérotation Deutsch et la tonalité des œuvres !…

Interpréter Schubert requiert de l’exécutant la maîtrise infaillible de la structure des œuvres, associée à des qualités poétiques de candeur, de délicatesse et sensibilité viennoise si typiques de l’univers schubertien. Seuls des musiciens de haut vol peuvent répondre à ces exigences en s’immergeant – en s’abîmant, dirons-nous – dans cet univers, aussi les intégrales ne sont pas légion. Historiquement, c’est Friedrich Wührer qui en inaugure la série avec 21 sonates, puis Paul Badura-Skoda (20 sonates dans ses deux intégrales chez RCA et Arcana), Wilhelm Kempff (18 sonates), Ingrid Haebler (12 sonates), Walter Klien (12 sonates), Noël Lee (23 sonates, la plus complète). Nous avons également Michel Dalberto (20 sonates), Michael Endres (17 sonates), Georges Pludermacher (14 sonates), Mitsuko Uchida (12 sonates) et Christian Zacharias (11 sonates). Par ailleurs, l’excellent schubertien qu’est Alfred Brendel n’a confié à Philips que 8 sonates…

Le pianiste hongrois fait bonne figure en se « limitant » à 19 sonates : manquent à son intégrale la Sonate en ré bémol majeur D. 567, première version de la Sonate en mi bémol majeur D. 568 ; la Sonate en ut majeur D. 613, comportant deux mouvements inachevés ; la Sonate en ut dièse mineur D. 655, limitée à l’exposition du premier mouvement ; et bien évidemment le fragment d’Allegro de sonate en mi mineur D. 994. Ces sonates absentes sont largement compensées par la présence en 2 CDs des 8 Impromptus D. 899 & D. 935, des 3 Klavierstücke D. 946 et des 6 Moments musicaux D. 780, admirables miniatures qui sont autant de confessions intimes du plus profond de l’âme de Schubert, auxquelles a judicieusement ajouté 18 Danses allemandes D. 790 & D. 820, la Mélodie hongroise en si mineur D. 817, l’Allegretto en ut mineur D. 915 et le Grazer Galopp D. 925.

Tout comme l’avait fait le regretté Claudio Abbado (1933-2014) pour son admirable intégrale des symphonies de Schubert, a mené une étude approfondie des manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de Vienne, démarche d’autant plus nécessaire que la plupart des éditions, même certaines soi-disant « Urtext », sont parsemées d’erreurs, l’écriture de Schubert révélant souvent des détails peu visibles. Mais ce travail d’authenticité minutieux, méticuleux, ne serait que sécheresse stérile si l’interprétation n’était à la hauteur. Or, à l’audition de ces sonates, on sent qu’ aime Schubert, le comprend intimement, en profondeur, et nous entraîne en « voyageur » de toute une vie de compositeur. Avec rigueur et sobriété, mais toujours en poète à l’intuition juste, son jeu s’épanouit en multiples nuances avec une rare intelligence, et ce qui est vrai pour ces sonates, l’est encore davantage pour ces joyaux, chefs-d’œuvre miniatures que sont Impromptus, Klavierstücke, Moments musicaux, Danses allemandes… qui complètent judicieusement cette remarquable anthologie de la musique pour piano solo de .

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Franz Schubert (1797-1828) : 19 Sonates pour piano ; 4 Impromptus, D. 899 ; 4 Impromptus, D. 935 ; 3 Klavierstücke, D. 946 ; 6 Moments musicaux, D. 780 ; 12 Danses allemandes, D. 790 ; 6 Danses allemandes, D. 820 ; Mélodie hongroise en si mineur, D. 817 ; Allegretto en ut mineur, D. 915 ; Grazer Galopp, D. 925. András Schiff, piano. 1 coffret 9 CD Decca 4783018. Code barre : 028947830184. Enregistré entre août 1988 et avril 1993 à la Mozart-Saal, Konzerthaus, et à la Brahms-Saal, Musikverein, Vienne. DDD. Notices trilingues (anglais, français, allemand) bonnes. Durée : 70:44 ; 70:11 ; 74:28 ; 75:50 ; 60:21 ; 65:21 ; 78:06 ; 70:27 ; 73:55.

 
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