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Les organistes du Nord selon Jean-Charles Ablitzer

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) : Toccata in a. Hieronymus Praetorius (1560-1629) : Christe qui lux es et dies (4 versets). Heinrich Scheidemenn (1595-1663) : Preambulum in d ; In dich hab ich gehoffet Herr ; Jesu wollstet du uns weisen ; Herzlich lieb hab ich dich, o Herr. Matthias Weckman (1616-1674) : Ach mich armen Sünder (3 versets). Franz Tunder (1614-1667) : Praeludium in g ; Canzona ; Christus unser Heiland (3 versets). Dietrich Buxtehude (1637-1707) : In dulci jubilo BuxWV 197 ; Praeludium in g BuxWV 149. Georg Böhm (1661-1733) : Von Himmel hoch da komm ich her ; Praeludium in d ; Partita sur le choral « Ach wie nichtig, achwie flüchtig. Jean-Charles Ablitzer à l’orgue Marc Garnier (1984) du temple Saint-Jean de Belfort. 1 CD Ligia Lidi 0109265-14. Code barre 3487549902656. Enregistré en octobre 2013. Livret bilingue français anglais. Durée totale 75’23 ».

 

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Pour son premier enregistrement chez Ligia, l’organiste a choisi de revenir à l’un de ses orgues préférés, celui du temple de Belfort. En effet, par le passé, il nous avait proposé déjà deux enregistrements sur cet instrument, évoquant au travers des titres le Nord, par le voyage, le souffle ou son école avec le présent album. Il est vrai que l’orgue du temple Saint-Jean de Belfort est exceptionnel. Construit en 1984 par Marc Garnier, suivant les principes de la facture d’orgue nord-allemande magnifiée au XVII° par Arp Schnitger, cet orgue représente un modèle magnifique et sans compromis, de ce que furent ces instruments, portés au sommet par une école d’organites d’une incroyable fertilité et d’une immense variété. De plus le buffet a été copié sur des originaux, et celui ci n’est pas sans rappeler tel ou tel orgue célèbre. On pense à Altenbruch (près d’Hambourg) en particulier.

Les maitres du Nord sonnent ici en gloire depuis le fondateur JP Sweelinck, surnommé « l’Orphée d’Amsterdam ». On retrouve au cours du programme quelques noms familiers comme Buxtehude ou Böhm, ou d’autres, moins connus, mais tout aussi prodigieux. Les œuvres reflètent judicieusement l’art de ces compositeurs organistes, qui, par leurs inventions, construisirent une école dont l’aboutissement fut Johann Sebastian Bach. L’acoustique du temple de Belfort est courte et évoque assez finement celle de la plupart des églises de l’Allemagne du Nord, revêtues de bois. Cela favorise la lisibilité du discours où la polyphonie occupe une place de choix. La prise de son très réussie respecte complètement cette ambiance particulière.

aborde en grand spécialiste ce répertoire au sein duquel il choisi un éventail des diverses formes musicales en usage : Le prélude, le choral, la canzona. Son jeu est puissant, les registrations idéalement choisies. Voilà un récital qui nous fait entrer par la grande porte dans cet univers du fameux « Stylus phantasticus ». On appréciera en particulier la manière avec laquelle ces auteurs savaient traiter de manière savante le choral pour en faire tout à tour une mélodie ornée, une fantaisie ou une suite de variations. Avec l’inspiration de l’interprête, ce voyage dans le nord devient un enchantement. Tel un guide, l’organiste nous prend par la main et nous fait partager sa passion.

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