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La Messe Glagolitique de Janáček à Liège

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Liège. Salle philharmonique. 26-IX-2014. Jean Sibelius (1865-1957), Finlandia op. 26 avec choeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Concerto pour piano N° 27 K595. Leoš Janáček (1854-1928) : Messe Glagolitique. Menahem Pressler, piano ; Melanie Diener, soprano ; Dagmar Peckova, mezzo-soprano ; Domagoj Dorotić, ténor ; Peter Mikuláš, basse ; Friedemann Winklhofer, orgue ; Chœur Philharmonique Tchèque de Brno (chef de chœur : Pietr Fiala. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christian Arming.

L’excellence de Christian Arming

Ouverture de saison à Liège avec l’Orchestre Philharmonique Royal.

Dans la première partie de Finlandia, l’orchestre installe un climat obscur et lourd suggérant un peuple écrasé par l’hégémonie russe. A travers ces pages, affirme des qualités de narrateur déjà révélées lors de précédents concerts, et l’on se plait à retrouver un orchestre investi et visionnaire.

Les effectifs fondent ensuite pour ne laisser en lumière qu’une formation mozartienne et venu interpréter le Concerto N°27. Le fondateur du Beaux-Arts Trio ne nous a pas vraiment convaincu dans son exécution de l’ultime concerto de Mozart. Ce soir, la palette dynamique du soliste semblait en effet pour le moins étriquée. Quelques traits au rendu pour le moins brouillon et une communication difficile avec l’orchestre ont également fragilisé notre écoute des premiers et derniers mouvements. Le Larghetto nous a davantage séduit, plus habilement chanté et surtout intelligemment « étagé » dans les tempi avec le concours de l’orchestre dont la finesse et l’élégance des phrasés nous ont impressionnés. Le public a chaleureusement applaudi à l’issue de sa prestation qui, en retour, a agréablement interprété le Nocturne en do dièse mineur de Chopin.

Sous la baguette de , l’ORPL explore petit à petit la musique de Janáček. On sent le chef d’orchestre à l’aise dans ce répertoire mais le défi n’est pas mince pour ses musiciens. On connaît en effet les terribles difficultés techniques rencontrées par chaque instrumentiste dans l’œuvre de Janáček, aptes à provoquer quelques sueurs froides au sein de l’orchestre… A l’arrivée, on constate que l’exercice est assez réussi. On perçoit que l’orchestre a cependant encore besoin d’un certain temps d’acclimatation pour traduire pleinement les couleurs de cette musique. On l’a d’ailleurs senti nettement plus engagé dans l’Intrada concluant l’œuvre, que dans ce même thème en ouverture de la messe. A l’écoute des voix, nous retenons que la soprano ne craint pas les ardeurs de l’orchestre grâce à un timbre ample, mais que ses aigus sont parfois poussés. Le ténor est particulièrement convaincant. Sa voix puissante et poignante devrait lui ouvrir rapidement les portes des plus grands théâtres. Mais la réelle vedette de cette soirée, c’était bien le Chœur Philharmonique Tchèque de Brno pour lequel la partition de Janáček est devenue aujourd’hui une véritable carte de visite. L’ensemble est épatant de cohérence et ses voix féminines d’une clarté prodigieuse.

Crédit photographique : © DR

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