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Le retour triomphal de Bernard Aymable Dupuy

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Blagnac (31). Odyssud. 4-X-2014. Bernard-Aymable Dupuy (1707-1789) : Le Triomphe des arts, opéra ballet en cinq entrées sur un livret de Antoine Houdar de la Motte. Réhabilitation de la partition : Françoise Escande et Jean-Christophe Maillard. Scénographie : Pierre Marassé. Danseurs : Adeline Lerme et Bruno Benne. Avec : Jean-Manuel Candenot, basse, le grand prêtre(I), Neptune (III), Alexandre (IV), Pygmalion (V) ; Philippe Estèphe, baryton, Phaon (II), un indien (IV) ; Clémence Garcia, soprano, Doris (II), Niobé (III), une indienne (IV), la propétide (V) ; Sébastien Gabillat, haute-contre, Apollon (I), Amphion (III), Apelle (V) ; Éliette Parmentier, soprano, Vénus (I et V), Sapho (III), Astérie (IV) ; Anne-Laure Touya, soprano, la prêtresse de Vénus (III), Campaspe (IV), la statue (V) ; Hugo Tranchant, ténor, Ménate (III), un matelot et un berger (V). Chœur baroque de Toulouse (assistante : Clotilde Daubert, préparation vocale : Monique Zanetti). Ensemble Baroque de Toulouse. Direction : Michel Brun.

La Poésie TuttiUne renaissance méritée que celle de ce Triomphe des arts, opéra ballet en cinq actes du toulousain .

Il aura fallu une bonne dose de travail patient sur plusieurs années, de passion et de culot au chef d’orchestre et aux musicologues Françoise Escande et Jean-Christophe Maillard, pour recréer cet unique opéra ballet du compositeur toulousain , qui n’avait plus été joué depuis sa création en 1733. Il était d’ailleurs fort rare à l’époque qu’un opéra de cette ampleur fut créé en province, d’autant plus que le compositeur n’était âgé que de 26 ans. Ce coup d’éclat n’aura toutefois pas eu de suite puisque consacrera le reste de sa carrière à la composition d’œuvres religieuses pour la basilique Saint-Sernin, puis la cathédrale Saint-Etienne.

Deux avant Les Indes galantes d’un certain Jean-Philippe Rameau, l’ouvrage dans le style baroque français, n’en demeure pas moins de bonne facture avec des airs virtuoses et des pages d’une belle poésie musicale.

Comme pour de nombreux ouvrages de l’époque, la partition conservée à la bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse nous est parvenue incomplète et elle a nécessité un important travail de restitution des parties intermédiaires, notamment pour les voix de haute-contre et de taille.

Basé sur un livret du poète Antoine Houdar de la Motte, qui avait été utilisé auparavant par Michel de La Barre, Le Triomphe des arts est construit sur le principe de l’opéra ballet à entrées, qui regroupe plusieurs épisodes sous une même thématique. Les principales disciplines artistiques sont illustrées et glorifiées par des récits tirés de la mythologie antique : l’architecture avec l’achèvement d’un temple voué à Apollon, la poésie avec la fin tragique de Sappho, la musique avec la légende d’Amphion, la peinture avec Apelle et la sculpture avec le mythe de Pygmalion et Galatée.

Concentré sur la recréation musicale, l’ a choisi de présenter l’ouvrage en version de concert avec une mise en espace chorégraphique faisant intervenir deux danseurs lors des ritournelles orchestrales. Leurs évolutions mêlent avec infiniment de goût le vocabulaire contemporain à la gestique baroque. Le travail d’Adeline Lerme et Bruno Benne de la compagnie Beaux champs est à ce point de vue admirable.
À l’aise avec cette écriture ornée, les sept solistes régionaux illustrent l’excellence de ce que l’on peut appeler l’école de chant toulousaine, tandis que l’orchestre est galvanisé par la direction énergique de . On aura toutefois entendu des manques de précision dans certaines attaques du chœur, ainsi que quelques faiblesse du côté des ténors, réserves minimes par rapport à l’ampleur du travail de recréation.
Le concert unique a été enregistré et le disque devrait paraître au printemps 2015.

 

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Blagnac (31). Odyssud. 4-X-2014. Bernard-Aymable Dupuy (1707-1789) : Le Triomphe des arts, opéra ballet en cinq entrées sur un livret de Antoine Houdar de la Motte. Réhabilitation de la partition : Françoise Escande et Jean-Christophe Maillard. Scénographie : Pierre Marassé. Danseurs : Adeline Lerme et Bruno Benne. Avec : Jean-Manuel Candenot, basse, le grand prêtre(I), Neptune (III), Alexandre (IV), Pygmalion (V) ; Philippe Estèphe, baryton, Phaon (II), un indien (IV) ; Clémence Garcia, soprano, Doris (II), Niobé (III), une indienne (IV), la propétide (V) ; Sébastien Gabillat, haute-contre, Apollon (I), Amphion (III), Apelle (V) ; Éliette Parmentier, soprano, Vénus (I et V), Sapho (III), Astérie (IV) ; Anne-Laure Touya, soprano, la prêtresse de Vénus (III), Campaspe (IV), la statue (V) ; Hugo Tranchant, ténor, Ménate (III), un matelot et un berger (V). Chœur baroque de Toulouse (assistante : Clotilde Daubert, préparation vocale : Monique Zanetti). Ensemble Baroque de Toulouse. Direction : Michel Brun.

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